La Sierra Leone s’apprête à accueillir, les 17 et 18 novembre 2026, le premier Sommet de l’intégration et de l’investissement en Afrique de l’Ouest (WAIIS). Organisé au Centre international de conférences Julius Maada Bio (JMBICC), à Lungi, dans le district de Port Loko, ce rendez-vous veut marquer un tournant dans l’intégration régionale en faisant passer la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) des déclarations aux transactions concrètes.

Convoqué par le président sierra-léonais Julius Maada Bio, président sortant de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, le sommet s’inscrit dans le cadre d’un mandat de l’organisation régionale, fondé sur les recommandations de la 96e session ordinaire du Conseil des ministres, ensuite adoptées par la Conférence.

L’ambition affichée est de recentrer l’intégration ouest-africaine sur sa vocation économique fondatrice, en mettant l’accent sur les marchés intégrés, les infrastructures, le commerce et l’investissement.

Plus de 170 projets pour environ 180 milliards de dollars

Le WAIIS réunira à Freetown des chefs d’État et de gouvernement, des investisseurs, des acheteurs, des entreprises, des institutions financières et des porteurs de projets. Quatre secteurs prioritaires structureront les travaux : l’abondance énergétique et l’industrialisation verte, les minerais stratégiques et le développement des ressources naturelles, l’agro-industrie et la transformation des systèmes alimentaires, ainsi que la transformation numérique et la connectivité.

Selon les organisateurs, une liste préliminaire recense déjà plus de 170 opportunités d’investissement, représentant une valeur indicative d’environ 180 milliards de dollars.

L’objectif n’est toutefois pas de se limiter à présenter des projets. Le sommet entend créer les conditions permettant de transformer ces opportunités en décisions d’investissement, contrats et financements.

Trois mécanismes doivent jouer un rôle central dans cette démarche : l’Investor Deal Room, destinée à mettre en relation projets et capitaux et à renforcer la préparation des projets ; le Buyers’ Marketplace, qui rapprochera les fournisseurs régionaux des acheteurs de référence ; et les tables rondes du secteur privé et sessions de signature, conçues pour lever les obstacles transfrontaliers et accélérer les transactions prêtes à être conclues.

Les résultats recherchés vont des bons de commande aux mandats de développement de projets, en passant par les trajectoires de financement, les coentreprises et les partenariats investissables.

Un milliard de dollars pour la souveraineté rizicole

L’agro-industrie occupera une place importante dans l’agenda du sommet. En marge de l’Africa Food Systems Forum à Kigali, le WAIIS a procédé au prélancement de la Facilité d’investissement pour le riz en Afrique de l’Ouest, premier guichet d’une facilité régionale proposée à hauteur d’un milliard de dollars pour soutenir l’agro-industrie et la souveraineté rizicole.

La Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) a, de son côté, annoncé une proposition de soutien de 100 millions de dollars à cette facilité.

Cette initiative traduit la volonté des promoteurs du WAIIS de relier les priorités régionales en matière de sécurité alimentaire à des mécanismes financiers capables de soutenir la production, la transformation et les chaînes de valeur agricoles.

Le numérique et l’intelligence artificielle au cœur du portefeuille

Le numérique constitue le deuxième grand axe de transformation. Dans ce domaine, le WAIIS prépare un portefeuille régional aligné sur l’initiative continentale AI 10 Billion, destinée à mobiliser jusqu’à 10 milliards de dollars d’ici 2035.

Le portefeuille doit couvrir notamment les infrastructures d’intelligence artificielle, l’entrepreneuriat, le développement des compétences et l’adoption responsable des technologies numériques.

Un programme de préparation à l’investissement consacré aux minerais stratégiques est également prévu avant le sommet, alors que la région cherche à mieux valoriser ses ressources naturelles et à attirer davantage de capitaux dans ce secteur.

Une place particulière accordée à la jeunesse

La jeunesse et l’innovation doivent également être intégrées au dispositif. Un programme proposé prévoit un Youth Sprint, un Innovation Challenge et un hackathon.

Les entreprises et initiatives sélectionnées pourraient bénéficier de mentorat, de mises en relation avec des acheteurs et des investisseurs ainsi que d’un accès aux Deal Rooms consacrées aux différents piliers du sommet.

Le secteur privé appelé à tester les priorités

Le secteur privé occupe une place centrale dans la préparation du WAIIS. Le 20 août, le président Julius Maada Bio a convoqué le dialogue inaugural du Conseil consultatif du secteur privé du WAIIS (PSAB).

Les personnalités pressenties pour participer à ce conseil sont appelées à examiner les priorités du portefeuille de projets, à identifier les contraintes qui entravent les activités transfrontalières, à contribuer aux tables rondes d’investisseurs et à introduire directement des transactions dans le processus de sélection.

Pour le président Bio, la réussite du sommet devra se mesurer moins au nombre de déclarations qu’aux résultats obtenus.

« Depuis plus de cinq décennies, la CEDEAO a bâti les fondations de l’intégration régionale », a-t-il déclaré. Le WAIIS doit, selon lui, transformer ces fondations « en investissements, en échanges commerciaux, en emplois et en résilience ».

Yumkella : « rapprocher projets crédibles, acheteurs et capitaux »

La préparation stratégique du sommet et son agenda d’investissement sont placés sous la conduite de l’Honorable Dr Kandeh Kolleh Yumkella, envoyé spécial du président Bio pour le WAIIS et président de l’Initiative présidentielle sur le changement climatique, les énergies renouvelables et la sécurité alimentaire (PI-CREF).

Selon le Dr Yumkella, le WAIIS ne doit pas être « un sommet politique de plus ». Depuis janvier, ministres, financiers, entreprises et équipes techniques travaillent au sein de quatre groupes de travail correspondant aux piliers du sommet, ainsi que dans le cadre des réunions d’experts et de la Deal Room.

Sa priorité est de rapprocher les projets jugés crédibles des acheteurs et des investisseurs, tout en veillant à ce que chaque résultat soit associé à un responsable, un calendrier et une trajectoire précise vers le bouclage financier.

Le Dr Yumkella dispose d’une longue expérience internationale. Il a notamment été directeur général de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), secrétaire général adjoint des Nations unies et représentant spécial du secrétaire général, ainsi que directeur général fondateur de Sustainable Energy for All.

Un mécanisme de suivi jusqu’en 2030

Le WAIIS ne devrait pas s’arrêter à la clôture du sommet. Les organisateurs veulent en faire une plateforme d’exécution permanente jusqu’en 2030.

Le Co-Secrétariat exécutif devra maintenir à jour le portefeuille régional de projets, le registre des engagements et le système de mise en relation entre investisseurs et projets. Il devra également coordonner les promoteurs, acheteurs, investisseurs et partenaires chargés de la préparation des projets.

Des outils d’intelligence de portefeuille fondés sur l’intelligence artificielle et l’infrastructure de Deal Room développés pendant la préparation du sommet doivent permettre de suivre les progrès des projets jusqu’au bouclage financier.

Près de 1 000 participants attendus à Freetown

Environ 1 000 participants sont attendus à Freetown, parmi lesquels des chefs d’État et de gouvernement, des dirigeants de grandes entreprises africaines et internationales, des investisseurs et des institutions de financement du développement.

La participation aux Deal Rooms se fera sur candidature et invitation.

Le sommet est produit avec l’appui du partenaire mondial d’organisation Richard Attias & Associates (RA&A), qui doit mobiliser son réseau international, ses capacités de rassemblement et sa portée médiatique pour accroître la visibilité du WAIIS auprès des décideurs et des investisseurs internationaux.

La semaine précédant le sommet sera consacrée à une programmation pré-sommet comprenant notamment des activités techniques, des rencontres avec les partenaires et des initiatives destinées à la jeunesse.

À travers le WAIIS, Freetown entend ainsi donner une nouvelle dimension à l’intégration ouest-africaine : moins centrée sur les engagements de principe et davantage orientée vers la mobilisation de capitaux, la signature de contrats et la réalisation effective des projets.

Le rendez-vous de novembre constituera donc un test majeur pour cette nouvelle approche. Pour ses promoteurs, le véritable indicateur de réussite ne sera pas seulement le nombre de participants ou d’annonces, mais la capacité à faire passer les projets du portefeuille aux investissements, puis des investissements à l’exécution.

Contact Anthony Kamara : Responsable des partenariats stratégiques et de la communication mondiale du WAIIS Bureau de l’Envoyé spécial pour le WAIIS 2026 Tél.: +232 78 107 303 | Courriel: [email protected] | [email protected]

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