Le Mouvement Martin Luther King (MMLK) a salué avec force la décision du président burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, d’exiger des multinationales étrangères opérant au Burkina Faso qu’elles s’acquittent de leurs recettes fiscales sur le sol burkinabè.

Dans une déclaration rendue publique à Lomé le 16 février 2026, le MMLK qualifie cette mesure d’« historique » et de « décision rationnelle de grande portée ». L’organisation de la société civile estime que cette orientation marque une rupture claire avec des pratiques héritées de la période coloniale, notamment en matière de fiscalité et de transferts de capitaux.

Au premier rang des entreprises visées figure l’opérateur de télécommunications Orange, dont les activités sont fortement implantées en Afrique de l’Ouest. Selon le mouvement, il est « inacceptable » que des sociétés réalisant l’essentiel de leur chiffre d’affaires en Afrique paient leurs impôts en France, alors que leurs profits sont transférés vers leurs pays d’origine.

Le MMLK dénonce également l’existence d’accords hérités de la coopération postcoloniale entre la France et certaines de ses anciennes colonies, accords qu’il juge défavorables aux intérêts économiques africains. 

Pour l’organisation, la décision du Burkina Faso s’inscrit dans une dynamique souverainiste et anti-néocolonialiste visant à mettre fin aux pratiques d’évitement fiscal et à renforcer la justice fiscale.

Le mouvement souligne que le Burkina Faso, aux côtés du Mali et du Niger au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), entend « prendre son destin en main » en consolidant ses ressources internes et en affirmant sa souveraineté économique. L’exigence d’un paiement local des recettes fiscales, assortie de la demande d’installation des sièges sociaux sur le territoire national, est présentée comme un signal fort en faveur de la rationalisation de la gouvernance.

Le MMLK appelle enfin les autres pays francophones, notamment ceux de la zone franc CFA, à s’inspirer de cette démarche. Pour l’organisation, la reconquête de la souveraineté fiscale constitue un levier essentiel pour accroître les revenus publics, financer le développement et affirmer l’indépendance économique des États africains.

« La rupture avec les vieilles pratiques est en marche », conclut le mouvement, qui se présente comme « la voix des sans-voix » et réaffirme son soutien aux initiatives visant à défendre les intérêts des peuples africains.

[ Pour vos reportages, annonces et publicités, contactez (00 228) 90 08 58 17 / 99 68 21 71 | E-Mail [email protected] ]

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *