À l’issue du Conseil des ministres tenu ce mercredi 11 mars 2026 à Lomé, sous la présidence Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil, le gouvernement a adopté deux décrets et examiné plusieurs dossiers majeurs portant notamment sur la sécurité nationale, les télécommunications, la gouvernance foncière, l’investissement et la protection des populations.

  • L’état d’urgence sécuritaire prorogé dans la région des Savanes

Face à la persistance de la menace terroriste, le Conseil des ministres a adopté un décret prorogeant l’état d’urgence sécuritaire dans la région des Savanes pour une durée de douze mois, à compter du 13 mars 2026.

Instauré initialement le 13 juin 2022 pour trois mois, puis renouvelé à plusieurs reprises avec l’autorisation de l’Assemblée nationale, ce dispositif vise à renforcer la présence des forces de défense et de sécurité et à protéger les populations et leurs biens. Le gouvernement a réaffirmé sa détermination à poursuivre les actions de stabilisation, de prévention et de développement dans cette région.

  • Un nouveau plan national des fréquences pour accompagner la 5G

Le Conseil a également adopté un décret portant approbation du nouveau Plan national d’attribution des bandes de fréquences radioélectriques (PNAF).

Cette réforme intervient à la suite des évolutions introduites en 2023 par l’Union internationale des télécommunications lors de la Conférence mondiale des radiocommunications. Le nouveau plan prévoit notamment l’identification de bandes supplémentaires pour le déploiement de la 5G, le développement de plateformes à haute altitude, l’amélioration de la sécurité maritime et l’attribution de nouvelles bandes aux services mobiles aéronautiques.

L’objectif est de moderniser la gestion des fréquences au Togo et d’accompagner le développement des technologies numériques.

  • Une nouvelle enquête démographique et de santé lancée

Le gouvernement a autorisé le lancement de la quatrième enquête démographique et de santé au Togo. Cette opération, qui s’inscrit dans le cadre du cinquième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-5), permettra de collecter des données actualisées sur plusieurs indicateurs clés.

Elle portera notamment sur la santé maternelle et infantile, la planification familiale, le VIH/sida, la nutrition, les violences domestiques ou encore le travail des enfants. Les travaux de terrain dureront quatre mois et les résultats sont attendus pour avril 2027.

  • Dissolution prochaine de la SAZOF au profit de l’API-ZF

Le Conseil a également examiné la finalisation du processus de transformation de la Société d’administration de la zone franche (SAZOF) en Agence de promotion des investissements et de la zone franche (API-ZF).

Créée en 1994, la SAZOF a permis l’installation de 141 entreprises, dont 91 actuellement en activité. En 2024, les investissements dans la zone franche ont atteint plus de 425 milliards de FCFA, représentant environ 7 % du PIB et près de 19 000 emplois directs.

Conformément au code des investissements adopté en 2019, ses missions seront désormais transférées à l’API-ZF afin de renforcer l’attractivité du pays et la cohérence de la politique d’investissement.

  • Le gouvernement poursuit les réformes foncières pour l’agriculture

Le Conseil des ministres a aussi fait le point sur le projet de réformes foncières pour l’accroissement de la productivité agricole, mis en œuvre depuis 2021 dans cinq sites pilotes.

Ce projet vise à améliorer la sécurisation des droits fonciers, à réduire les conflits liés à la terre et à mettre en place des systèmes d’information foncière communaux interconnectés.

Afin d’assurer la poursuite du programme après l’arrêt du financement du Programme Seuil de la Millennium Challenge Corporation, le gouvernement a autorisé la création d’une cellule de gestion chargée de finaliser les activités et de préparer leur extension à l’échelle nationale.

  • Disparitions inquiétantes : 86 personnes retrouvées sur 102 cas signalés

Enfin, le Conseil des ministres a pris connaissance des conclusions de la commission spéciale d’enquête sur les cas d’enlèvements et de disparitions inquiétantes signalés ces derniers mois.

Sur 102 cas recensés, 86 personnes ont été retrouvées, dont 63 mineurs. Seize personnes restent toujours recherchées.

Les investigations montrent que la majorité des cas sont liés à des conflits familiaux, des départs volontaires ou des situations de vulnérabilité.

Un seul cas d’enlèvement présumé fait actuellement l’objet d’investigations approfondies.

Pour prévenir de nouvelles situations, les autorités ont décidé de créer une base nationale centralisée des personnes disparues, de renforcer les patrouilles et le contrôle des flux migratoires, tout en intensifiant les campagnes de sensibilisation et la lutte contre la désinformation.

Le gouvernement appelle les populations à la vigilance et à la coopération avec les forces de sécurité afin de mieux protéger les citoyens, notamment les enfants et les jeunes.

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