La capitale togolaise accueille depuis le jeudi 16 juillet 2026, la toute première édition de la Saison Internationale de Poésie de Lomé (SIP-Lomé) et ce pendant trois jours. Placée sous le thème « Voix, traces et imaginaires du vivant », cette édition pilote, initiée par l’Association Culturelle Monts & Fleuves (ACMF), ambitionne de faire de Lomé une plateforme internationale de dialogue entre la poésie, les arts plastiques et les cultures du monde.

La cérémonie inaugurale, organisée à l’Institut Goethe Annexe à Lomé, a réuni jeunes écrivains, artistes, étudiants, universitaires, professionnels du livre, acteurs culturels ainsi qu’un large public venu célébrer le lancement de ce nouveau rendez-vous dédié à la création contemporaine.

Pour Dr Jean Paul Akakpo, secrétaire général adjoint de l’ACMF, la SIP-Lomé répond à une nécessité, celle d’offrir enfin aux poètes togolais un véritable espace de réflexion, de création et de transmission.

« La poésie semble être l’enfant orphelin du paysage littéraire togolais. Cette saison est née de la volonté de réunir les poètes afin qu’ils réfléchissent ensemble à l’avenir de cet art, à sa transmission et à son rayonnement », a-t-il expliqué.

Au-delà des récitals, la SIP-Lomé se veut un carrefour de rencontres artistiques, de résidences de création et de coopération internationale autour des questions de mémoire, de patrimoine et d’imaginaires.

L’invité d’honneur de cette première édition est Jonathan Mayers, artiste visuel, écrivain et activiste culturel de Louisiane (États-Unis), distingué Baton Rouge Poet Laureate 2021.

Présent à Lomé pour une résidence de création intitulée « De l’eau et des êtres », il travaillera pendant plusieurs semaines avec le poète togolais Anas Atakora autour de la traduction entre les langues, anglais, français, kouri-vini et éwé, mais aussi entre la poésie et les arts visuels.

Pour Jonathan Mayers, préserver les langues et les patrimoines culturels constitue une urgence. « Il est important de ne pas oublier qui nous sommes, nos valeurs et notre héritage », a-t-il souligné, évoquant notamment son engagement en faveur de la sauvegarde du créole louisianais, aujourd’hui menacé de disparition.

Le poète et peintre plasticien Ali-Tagba Tétérého s’est réjoui de la naissance de cette nouvelle plateforme culturelle, tout en plaidant pour une place plus importante accordée aux langues africaines. « C’est une excellente initiative. J’espère qu’une belle part sera réservée aux langues maternelles. La poésie ne doit pas être uniquement portée par les langues dites internationales », a-t-il déclaré.

Au cours du festival, il animera deux ateliers consacrés à la création poétique en langues nationales.
Durant trois jours, la SIP-Lomé propose un programme riche mêlant master classes, ateliers destinés aux jeunes, conversations d’artistes, performances, expositions et récitals.

Le point d’orgue sera le Grand Récital Musique & Poésie, prévu le samedi 18 juillet au Rafiti Klikame.
Pensée comme une plateforme permanente de création, de diffusion et de coopération artistique, la Saison Internationale de Poésie de Lomé entend inscrire durablement la capitale togolaise sur la carte des grands rendez-vous internationaux consacrés à la poésie contemporaine.

Les organisateurs ambitionnent ainsi de faire de Lomé un espace privilégié de dialogue entre les mémoires, les langues et les imaginaires, au service de la création artistique et du patrimoine culturel africain et mondial.

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