L’arrestation de l’artiste plasticien et performeur Kosmaket, interpellé le 26 juin lors d’une performance artistique pacifique à Ségbé, suscite une onde d’indignation dans le milieu artistique togolais. La Fédération Nationale des Associations Professionnelles en Art Visuel du Togo (FENAPAV-TOGO) a publié un communiqué dénonçant vigoureusement cet acte qu’elle qualifie de «grave atteinte à la liberté d’expression artistique.». «L’art n’est pas un crime. L’artiste n’est pas un ennemi.»
Dans son message, la FENAPAV exprime sa «profonde inquiétude et vive indignation» face à ce qu’elle considère comme une dérive liberticide. L’artiste Kosmaket, figure engagée de la scène artistique contemporaine au Togo, est salué pour son travail mêlant art, société et citoyenneté. Ses performances, loin de troubler l’ordre public, visent selon la Fédération à «interpeller, sensibiliser et construire un dialogue citoyen indispensable à toute société démocratique.»
La FENAPAV-TOGO condamne fermement cette interpellation qu’elle estime contraire à la Constitution togolaise et aux conventions internationales ratifiées par le pays en matière de libertés fondamentales.
«L’art de la performance, tel que pratiqué par Kosmaket, est une forme légitime d’expression artistique et non un acte de provocation», affirme le président du Bureau exécutif de la Fédération, Agbegnigan Alihonou.
La Fédération demande la libération immédiate et sans condition de l’artiste, et appelle les autorités togolaises à garantir un espace sécurisé et libre pour la création et l’expression artistique.
C’est avec ces mots forts que se conclut le communiqué de la FENAPAV-TOGO, résumant l’indignation d’un secteur en quête de reconnaissance et de respect des droits fondamentaux. Dans un contexte où les voix artistiques jouent un rôle croissant dans le débat public, cette arrestation soulève des interrogations sur la place laissée à la critique et à la liberté de création au Togo.