À l’approche de l’échéance du 2 avril fixée par Union européenne, la tension monte autour des relations avec l’Alliance des États du Sahel (AES). Dans une déclaration publiée à Lomé ce 31 mars 2026, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) dénonce fermement ce qu’il qualifie « d’ultimatum colonial » visant le Niger et les pays membres de l’AES.
Au cœur de la controverse, une résolution adoptée le 12 mars par le Parlement européen exigeant la libération immédiate de Mohamed Bazoum, renversé lors du coup d’État du 26 juillet 2023, ainsi que celle de son épouse et d’autres détenus. Le texte appelle également à un retour à l’ordre constitutionnel avant le 2 avril 2026.
Face à cette position, le MMLK hausse le ton et appelle les peuples africains à « s’organiser, rester vigilants et se tenir prêts » afin de rejeter toute ingérence étrangère dans les affaires internes des États sahéliens. L’organisation togolaise estime que cette démarche traduit une volonté persistante d’influence de certaines puissances européennes, notamment après leur retrait militaire et politique du Mali, du Burkina Faso et du Niger.
Dans son communiqué, le mouvement évoque une « logique de déstabilisation » motivée par des intérêts économiques et géostratégiques, tout en dénonçant une posture jugée paternaliste et dépassée.
Il accuse également certaines élites africaines d’avoir contribué, par le passé, à maintenir une dépendance structurelle vis-à-vis de partenaires extérieurs.
Le MMLK affirme par ailleurs son soutien à la dynamique souverainiste portée par l’AES, qu’il considère comme l’expression d’une volonté populaire de reprendre le contrôle des ressources et des choix politiques.
Il insiste notamment sur le fait que les richesses du Niger doivent rester sous le contrôle exclusif du peuple nigérien.
S’agissant du cas de Mohamed Bazoum, l’organisation rappelle que la situation relève avant tout de la souveraineté judiciaire du Niger. Elle souligne toutefois son attachement au respect des droits fondamentaux, notamment en ce qui concerne les conditions de détention et le droit à un procès équitable.
Dans un contexte régional déjà fragilisé, cette prise de position du MMLK reflète une montée des discours souverainistes en Afrique de l’Ouest, sur fond de recomposition des alliances et de contestation croissante de l’influence occidentale.







