
La clôture du festival Les Afropéennes à Lomé aura trouvé en Senzaa une apothéose lumineuse. Dès son entrée en scène, la chanteuse a imposé une présence magnétique. Sourire radieux, regard assuré, voix ferme et profonde : en quelques notes, l’atmosphère s’est chargée d’une ferveur palpable. Le public, immédiatement conquis, s’est laissé envelopper par une énergie à la fois maîtrisée et incandescente.
Vif et généreux, le concert n’a connu aucun temps mort. Les musiciens, en dialogue constant, ont tissé autour de la voix de Senzaa un écrin sonore d’une grande finesse. Complicité, précision, liberté : l’équilibre était subtil, vivant, vibrant. Mené tambour battant, le spectacle s’est imposé comme un véritable moment de jubilation.
Parmi les sommets de la soirée, « Alogbalo » a révélé toute l’intensité de l’artiste. Entre gravité et élévation, Senzaa a déployé des modulations profondes, portées par un engagement scénique saisissant. La salle, suspendue à chaque note, a explosé en applaudissements après un silence admiratif.
Avec « Avivor », l’ambiance s’est faite plus lumineuse, presque solaire. La chanteuse y a exprimé une vitalité vibrante, nourrie d’échanges complices avec ses musiciens. Sa voix, tour à tour douce et puissante, a porté le message avec une authenticité désarmante.
Moment d’émotion pure, « Akpé Nawo » a touché le public en plein cœur.
Dans une interprétation de gratitude, Senzaa a laissé s’exprimer la soul qui l’habite. Timbre chaud, gestes ouverts, regard habité, la connexion fut immédiate, transformant la salle en un espace d’unité et de partage.
Senzaa s’inscrit dans la grande tradition afro-américaine, blues, jazz, gospel, soul et rappelle, par instants, la majesté d’Aretha Franklin, la maîtrise de Whitney Houston ou l’énergie brute de Tina Turner. Mais loin de se contenter de ces filiations prestigieuses, elle affirme une identité singulière, nourrie d’influences assumées et d’une profonde sincérité.
Au-delà de la performance vocale, c’est toute une présence qui s’impose. Par un langage corporel ouvert, une posture assurée et une interaction constante avec le public, Senzaa fait de la scène un espace d’authenticité. Chaque geste prolonge le chant, chaque regard scelle une complicité.
En ces temps parfois anxiogènes, cette soirée de clôture aura été une parenthèse lumineuse. Plus qu’un concert, une célébration vibrante de la musique vivante et du pouvoir fédérateur de la voix. Une grâce rare, offerte en partage.







