Le Sénat, seconde chambre du Parlement togolais, a ouvert jeudi 26 février 2026 sa première session extraordinaire de l’année, conformément aux dispositions constitutionnelles en vigueur. La cérémonie d’ouverture a été présidée par Barry Moussa Barqué, en présence de Badanam Patoki, ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, et de Gilbert Bawara, ministre des Relations avec le Parlement et les Institutions.

Huit projets de loi majeurs sont inscrits à l’ordre du jour, traduisant l’ampleur des enjeux sécuritaires, économiques et institutionnels du moment. Parmi les textes phares figure le projet de loi autorisant la prorogation de l’état d’urgence sécuritaire dans la région des Savanes, une mesure destinée à renforcer la riposte face aux menaces persistantes dans cette partie du territoire.

Les sénateurs examineront également le projet de loi portant réglementation de la microfinance en République togolaise. Ce texte vise à promouvoir l’inclusion financière et à soutenir les populations vulnérables, contribuant ainsi à la consolidation du tissu économique national.

Autre réforme structurante : le transfert des missions, du personnel et du patrimoine du Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes à l’Agence nationale de développement des très petites et moyennes entreprises. L’objectif est de renforcer l’accompagnement et l’encadrement des jeunes entrepreneurs, dans une dynamique de rationalisation et d’efficacité accrue des dispositifs publics.

La session abordera aussi le projet de loi portant répression du faux-monnayage dans les États membres de Union monétaire ouest-africaine (UMOA), ainsi que le projet de loi-cadre sur l’environnement, qui réaffirme l’engagement du pays face aux défis climatiques et en faveur d’un développement durable.

Sont également inscrits à l’ordre du jour le projet de loi autorisant la ratification du Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des personnes handicapées en Afrique, signé le 29 janvier 2018 à Addis-Abeba, et le projet de loi modifiant la loi n° 2004-002 du 15 décembre 2004 portant régime juridique et fiscal harmonisé applicable au projet de Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest en République togolaise.

Dans le cadre de cette session extraordinaire, les sénateurs ont en outre examiné le projet de loi relatif à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. Déjà adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 29 décembre 2025, ce texte vise à renforcer substantiellement le cadre juridique de prévention, de détection et de répression des infractions financières, en conformité avec les standards internationaux et communautaires.

Les groupes parlementaires UNIR, APR et C5 ont unanimement salué l’importance stratégique de ce projet de loi, estimant qu’il contribuera efficacement à la lutte contre la fraude fiscale, le blanchiment de capitaux et au renforcement de la transparence financière. 

Pour le ministre Badanam Patoki, le Togo franchit ainsi « une étape décisive » dans la consolidation de son arsenal juridique en matière de gouvernance financière.

« Pour venir à bout de cette première session de l’année 2026, il faudra conjuguer nos efforts avec organisation et méthode », a déclaré le Président du Sénat, Barry Moussa Barqué, appelant à la mobilisation et à la rigueur dans l’examen des textes.

La cérémonie d’ouverture a également été marquée par une minute de silence en mémoire de l’ancien sénateur Bitokotipou Yagninim, rappelé à Dieu le 15 février 2026 à l’âge de 84 ans.

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