En ce 23 août, la communauté internationale commémore la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition, une date majeure qui invite les peuples à se recueillir, à honorer la mémoire des victimes et à réfléchir aux enseignements que l’Histoire impose aux générations présentes et futures.
À cette occasion, le ministre togolais des Affaires étrangères, Prof. Robert Dussey, rend hommage aux millions de femmes, d’hommes et d’enfants victimes de la traite négrière et de l’esclavage. Un hommage résumé en une formule à la fois sobre et forte : « Nous n’oublierons jamais… »
Une mémoire qui ne doit pas s’effacer
La traite négrière et l’esclavage constituent l’une des pages les plus douloureuses de l’histoire de l’humanité. Pendant plusieurs siècles, des millions d’Africains ont été arrachés à leurs familles, à leurs communautés et à leurs terres, déportés dans des conditions inhumaines et réduits en esclavage.
Derrière les chiffres et les récits historiques se trouvent des destins brisés : des enfants séparés de leurs parents, des familles dispersées, des hommes et des femmes privés de leur liberté, de leur dignité et de leurs droits fondamentaux.
Le 23 août rappelle ainsi que la mémoire de la traite négrière ne saurait être cantonnée aux livres d’histoire. Elle appartient à la conscience collective et demeure une responsabilité partagée.
« Nous n’oublierons jamais… »
Par ces mots, Prof. Robert Dussey place la mémoire au cœur du devoir de transmission. « Nous n’oublierons jamais », c’est d’abord reconnaître la souffrance de celles et ceux qui ont subi l’esclavage. C’est aussi refuser que le temps efface les traces de cette tragédie.
Se souvenir, c’est rendre leur humanité aux victimes et rappeler que nul être humain ne devrait être considéré comme une marchandise. C’est également saluer la résistance, le courage et la dignité de toutes celles et tous ceux qui, hier, ont combattu l’asservissement et œuvré pour la liberté.
Cette mémoire revêt une importance particulière pour l’Afrique, dont des millions de fils et de filles ont été victimes de la traite transatlantique et d’autres formes de traite. Elle constitue aussi un élément essentiel du dialogue entre l’Afrique et les autres régions du monde qui ont été liées à cette histoire.
Une journée née de l’histoire et de la résistance
Le choix du 23 août n’est pas anodin. Cette date renvoie à l’insurrection de Saint-Domingue, dans la nuit du 22 au 23 août 1791, qui allait devenir un événement majeur dans la lutte contre l’esclavage et conduire, quelques années plus tard, à la naissance d’Haïti.
La commémoration internationale de cette journée vise donc non seulement à rappeler les souffrances provoquées par la traite négrière et l’esclavage, mais également à mettre en lumière les combats pour la liberté et l’égalité.
Transmettre pour construire l’avenir
Le devoir de mémoire ne consiste pas uniquement à regarder vers le passé. Il doit également permettre de construire un avenir fondé sur le respect de la dignité humaine, la tolérance, la justice et l’égalité.
Dans un monde encore confronté au racisme, aux discriminations, aux violences et à différentes formes d’exploitation humaine, le souvenir de la traite négrière conserve toute sa pertinence. Il rappelle que les préjugés, la déshumanisation et l’instrumentalisation de l’être humain peuvent conduire aux pires tragédies.
Pour les nouvelles générations, connaître cette histoire est donc essentiel. La transmission de la mémoire doit permettre aux jeunes de comprendre le passé, d’en mesurer les conséquences et de devenir les acteurs d’un monde où de telles tragédies ne pourront plus se reprodui
La mémoire de la traite négrière et de son abolition dépasse les frontières africaines. Elle interpelle l’ensemble de l’humanité. Elle invite les peuples à regarder leur histoire avec lucidité, à reconnaître les blessures du passé et à œuvrer au rapprochement des consciences.
Se souvenir, c’est honorer. Transmettre, c’est prévenir. Agir, c’est donner un sens à la mémoire.









