
Le Togo poursuit ses efforts pour renforcer son système de santé maternelle avec le lancement officiel vendredi 24 juillet 2026 à Lomé, de la nouvelle carte nationale des formations sanitaires offrant les Soins Obstétricaux et Néonataux d’Urgence (SONU).
Réalisée sous la coordination du ministère de la Santé, avec le soutien technique et financier de l’UNFPA et de plusieurs partenaires, cette cartographie recense désormais 100 formations sanitaires, contre 73 en 2018. Cette avancée vise à améliorer l’accès à des soins obstétricaux et néonataux de qualité et à contribuer à la réduction durable de la mortalité maternelle et néonatale dans le pays.
Une révision devenue indispensable
Cette réorganisation du réseau SONU est le résultat des enseignements tirés du système national de surveillance des décès maternels et néonatals. Les analyses ont révélé que la majorité des femmes décédées avaient pourtant accouché dans une formation sanitaire. Ce constat met en évidence que le principal défi réside désormais dans la qualité de la prise en charge des urgences obstétricales.
Pour le Secrétaire général du ministère de la Santé, Dr Wotobé Kokou, cette réforme traduit la volonté du gouvernement de répondre efficacement à cette réalité. Elle intervient dans la continuité des engagements pris par les États africains lors de la récente session extraordinaire de l’Union africaine consacrée à la réduction de la mortalité maternelle.
Un réseau plus vaste et mieux réparti
Introduit au Togo en 2012, le concept SONU a progressivement structuré l’offre de soins obstétricaux d’urgence. Après une première cartographie en 2014 puis une révision en 2018, les évaluations ont mis en lumière plusieurs insuffisances notamment, des infrastructures limitées, manque de personnel qualifié, fonctionnalité incomplète de certaines maternités et disparités entre les régions.
La nouvelle cartographie répond à ces défis en portant le réseau à 100 formations sanitaires, réparties en trois niveaux complémentaires, 68 SONU de Base; 25 SONU Complets ; 7 SONU Intensifs.
Cette progression de 37 % par rapport au réseau de 2018 doit permettre de renforcer la couverture sanitaire, notamment dans les zones rurales et périphériques.
Faire de la qualité des soins une priorité
Les données sanitaires montrent que près de 70 % des décès maternels sont liés aux hémorragies, à l’anémie et à l’éclampsie. Les hémorragies du post-partum représentent à elles seules entre 50 et 60 % des décès dus aux hémorragies, alors qu’elles peuvent être évitées grâce à des SONU pleinement fonctionnels.
Pour relever ce défi, le gouvernement prévoit de renforcer les effectifs de sages-femmes et de médecins obstétriciens, d’équiper les maternités en matériels modernes et médicaments essentiels, de consolider le système de référence des urgences obstétricales et d’instaurer un suivi régulier de la performance des structures.
« Donner la vie ne doit pas coûter la vie », a insisté Dr Wotobé Kokou, rappelant que cette nouvelle carte constitue le point de départ d’une amélioration durable des soins maternels.
L’UNFPA renouvelle son appui
La Représentante résidente de l’UNFPA au Togo, Mme Élise Kakam, a salué une avancée majeure pour la santé publique. Elle a rappelé que cette cartographie est le fruit d’une analyse rigoureuse des besoins des populations et qu’elle permettra de mieux orienter les investissements vers les zones les plus vulnérables.
Elle a également mis en avant les progrès enregistrés grâce à la gratuité de la césarienne, au programme WEZOU et au déploiement de l’Assurance Maladie Universelle, tout en se réjouissant de l’arrivée de plus de 200 nouvelles sages-femmes, appelées à renforcer les équipes dans les maternités du pays.
L’UNFPA a réaffirmé son engagement à accompagner le gouvernement togolais, aux côtés de ses partenaires, dans la mise en œuvre effective de cette nouvelle carte.
Un cap ambitieux pour 2030
Avec cette réforme, le Togo ambitionne de ramener le ratio de mortalité maternelle à moins de 225 décès pour 100 000 naissances vivantes d’ici 2027, puis à moins de 70 décès pour 100 000 naissances vivantes d’ici 2030, conformément aux Objectifs de développement durable.
Au-delà des chiffres, cette nouvelle cartographie traduit une ambition, celle de garantir à chaque femme togolaise, où qu’elle vive, un accès rapide à des soins obstétricaux et néonataux de qualité. Le défi est désormais de rendre les 100 formations sanitaires pleinement opérationnelles afin que chaque grossesse et chaque accouchement se déroulent dans les meilleures conditions de sécurité.









