L’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS), institution spécialisée de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), organise à Cotonou du 23 au 27 février 2026, un atelier régional de renforcement de la surveillance intégrée selon l’approche « Une Seule Santé ».
Cette rencontre stratégique réunit les représentants des ministères en charge de la santé humaine, animale et environnementale des États membres, aux côtés d’institutions régionales et de partenaires techniques et financiers tels que Africa CDC, Organisation mondiale de la Santé (OMS), la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ/RPPP3) et Institut Pasteur de Dakar.
Une réponse coordonnée face aux menaces transfrontalières
Dans un contexte marqué par la recrudescence des épidémies et la multiplication des menaces sanitaires transfrontalières, l’atelier vise à consolider les systèmes régionaux de surveillance épidémiologique en promouvant une approche intégrée reliant la santé humaine, animale et environnementale.
Représentant le Ministre de la Santé du Bénin, la Directrice adjointe de Cabinet, Dr Françoise Sibylle Assavedo, a souligné que les défis actuels exigent des réponses coordonnées, intégrées et anticipatives.
Selon elle, l’approche « Une Seule Santé » constitue une transformation structurelle des systèmes de surveillance, fondée sur la reconnaissance d’un continuum entre santé humaine, animale et environnementale.
Elle a plaidé pour l’harmonisation de la gestion des données, l’amélioration de la qualité de l’information sanitaire et l’interopérabilité des systèmes numériques, considérées comme des leviers essentiels de souveraineté sanitaire régionale.
Digitalisation et interopérabilité au cœur des priorités
Représentant le Directeur général de l’OOAS, Dr Mamadou Diarrassouba, Directeur exécutif du Centre régional de surveillance et de contrôle des maladies (CRSCM) de la CEDEAO, a qualifié l’atelier d’étape stratégique majeure pour la sécurité sanitaire régionale.
Il a rappelé les avancées enregistrées, notamment l’opérationnalisation de la plateforme DHIS2, le développement de la plateforme ECOAlert et le partage automatique des données entre États membres.
Toutefois, il a insisté sur les défis persistants, interopérabilité des systèmes, intégration des indicateurs de santé animale et environnementale, et durabilité des mécanismes de surveillance.
Il a appelé au renforcement du Réseau régional de surveillance intégrée et à la mise en œuvre effective de la feuille de route pour la digitalisation.
Mme Maryam Ibrahim Buba, représentant la Directrice régionale pour l’Afrique de l’Ouest de l’Africa CDC, a rappelé que les maladies ne connaissent pas de frontières. Elle a mis en avant cinq priorités à savoir, renforcer le réseau régional de surveillance, accélérer la transformation numérique, consolider l’approche « Une Seule Santé », améliorer les systèmes d’alerte précoce et de réponse rapide, et renforcer la préparation régionale aux urgences sanitaires.
Vers une surveillance intégrée et durable
Depuis 2014, l’OOAS développe une plateforme numérique régionale basée sur DHIS2 afin d’améliorer le partage des données et le suivi des maladies épidémiques. Malgré les progrès réalisés, des défis subsistent en matière d’interopérabilité, de résilience des systèmes de collecte et de transmission des données et d’intégration complète des indicateurs issus des secteurs animal et environnemental.
Au cours de l’atelier, les participants procéderont à l’évaluation de la situation épidémiologique dans les États membres, à la validation du cadre opérationnel du Réseau régional « Une Seule Santé », à la révision de la liste des maladies prioritaires et à l’élaboration d’une feuille de route régionale pour la digitalisation de la surveillance intégrée.
Cette rencontre de Cotonou marque une étape décisive dans la consolidation d’un dispositif régional capable de prévenir, détecter précocement et répondre de manière coordonnée aux urgences de santé publique en Afrique de l’Ouest.







