L’Organisation Nationale pour l’Accessibilité, le Travail et l’Emploi des Personnes Handicapées au Togo (ONATEPH-TOGO), avec l’appui de la Coopération allemande à travers ProEmploi+ de la GIZ-Togo, a organisé jeudi 17 septembre 2026 à Lomé, un atelier consacré à la gestion inclusive et aux aménagements raisonnables dans la fonction publique. La rencontre a également permis de partager les résultats d’une enquête réalisée auprès des fonctionnaires handicapés.

Renforcer les capacités des responsables des ministères cibles afin de favoriser une meilleure inclusion des fonctionnaires handicapés, tel est l’objectif principal de cet atelier organisé par l’ONATEPH-TOGO.

Réunissant les responsables et points focaux des ministères ciblés, la rencontre a porté notamment sur la compréhension du handicap, l’accessibilité universelle, la non-discrimination, les aménagements raisonnables et les pratiques de gestion inclusive. Les participants ont également pris connaissance des principaux résultats de l’enquête menée auprès des fonctionnaires handicapés sur leurs conditions de travail.

Des obstacles encore nombreux

L’intégration des personnes handicapées dans la fonction publique, à la suite du concours général de recrutement, constitue une avancée importante. Les fonctionnaires concernés ont pris service dans les différents départements ministériels le 31 mars 2025.

Toutefois, leur pleine inclusion demeure confrontée à plusieurs difficultés. Parmi celles-ci figurent l’accessibilité insuffisante des bâtiments et des postes de travail, le manque d’équipements adaptés, l’absence ou l’insuffisance d’aménagements raisonnables, l’inaccessibilité de certaines technologies ainsi que les pratiques de gestion des ressources humaines encore peu adaptées.

À ces difficultés s’ajoutent les risques de stigmatisation et de discrimination auxquels peuvent être confrontées les personnes handicapées dans leur environnement professionnel.

Pour les organisateurs, l’enjeu dépasse donc la seule question du recrutement. Il s’agit désormais de créer les conditions permettant aux agents handicapés d’exercer pleinement leurs fonctions dans un environnement professionnel équitable et accessible.

« Recruter est un premier pas. Inclure est une volonté politique »

Prenant la parole au nom de l’ONATEPH-TOGO, sa vice-présidente, Mme Apoka Madjé Zékpa, a souligné l’importance de cette démarche pour faire évoluer la place des personnes handicapées dans l’administration publique.

Elle a notamment relevé que le recrutement des personnes handicapées constitue une avancée dans la reconnaissance de leurs droits et de leurs compétences, tout en rappelant que beaucoup reste à faire pour parvenir à une inclusion effective.

« Recruter est un premier pas. Inclure est une volonté politique et une exigence éthique », a-t-elle déclaré, avant d’insister sur la nécessité d’adapter les postes de travail, d’améliorer l’accessibilité des locaux et de sensibiliser les collègues et responsables hiérarchiques.

Selon elle, le projet porté par l’ONATEPH-TOGO, avec le soutien de la Coopération allemande à travers la GIZ et son programme ProEmploi+, vise précisément à accompagner la transformation des institutions publiques en espaces davantage accessibles, inclusifs et équitables.

Vers une administration davantage inclusive

De son côté, Gaëtan Ahoomey-Zunu, Directeur général bénévole de l’ONATEPH-TOGO, a expliqué que l’atelier s’inscrit dans la politique sociale du gouvernement togolais ainsi que dans la vision de ses partenaires techniques et financiers.

L’ambition, a-t-il indiqué, est de mettre à la disposition des personnes handicapées des outils et des solutions répondant réellement à leurs besoins, tout en renforçant les capacités des acteurs institutionnels chargés de leur accompagnement.

L’atelier intervient également dans un contexte marqué par l’évolution du cadre juridique relatif aux droits des personnes handicapées. Le gouvernement togolais a adopté, le 7 septembre 2026, un projet de loi relatif à la promotion et à la protection des personnes handicapées, présenté comme une étape de révision et de renforcement du cadre juridique existant.

Des pistes d’action pour les ministères

Au cours des travaux, les participants ont été appelés à identifier les principaux obstacles rencontrés par les fonctionnaires handicapés et à réfléchir aux aménagements raisonnables susceptibles d’améliorer leurs conditions de travail.

La rencontre a également permis d’examiner des leviers institutionnels, notamment le projet de création d’une cellule interministérielle dédiée à l’inclusion, ainsi que des pistes d’actions concrètes que chaque ministère pourrait mettre en œuvre et suivre.

Pour Karimu Wasiyou, Directeur des personnes handicapées au ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, l’inclusion professionnelle ne saurait se limiter au recrutement.

« L’inclusion véritable suppose que l’agent puisse effectivement exercer ses fonctions dans des conditions équitables », a-t-il expliqué, soulignant l’importance d’adaptations appropriées permettant à la personne handicapée d’exercer son emploi dans des conditions d’égalité avec les autres agents, sans charge disproportionnée pour l’administration.

À travers cet atelier, l’ONATEPH-TOGO entend ainsi contribuer à faire de l’inclusion des personnes handicapées un élément durable de la gouvernance publique et de la gestion des ressources humaines au Togo. Une démarche qui rejoint notamment les objectifs de développement durable des Nations unies, en particulier l’ODD 8 relatif au travail décent et à la croissance économique et l’ODD 10 consacré à la réduction des inégalités.

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