Le Togo poursuit ses avancées majeures dans le domaine de la santé publique. Après être entré dans l’histoire comme le premier pays au monde à avoir éliminé quatre maladies tropicales négligées (MTN), la filariose lymphatique, le trachome, la dracunculose et la trypanosomiase humaine africaine. Le Togo amorce aujourd’hui une nouvelle phase, la mise en place d’un modèle national intégré et durable de surveillance post-élimination, destiné à préserver ces acquis et prévenir toute réapparition de ces maladies.

Du 3 au 6 mars 2026, un atelier multisectoriel organisé à Lomé par le Programme national des maladies tropicales négligées (PNMTN) a réuni les principaux acteurs du secteur afin de définir les bases de ce futur dispositif.

L’objectif est de consolider les acquis historiques et d’éviter toute résurgence de ces maladies sur le territoire national.

Selon le Dr Gnossikè Piham, coordonnateur du PNMTN, le défi actuel est d’assurer une vigilance permanente malgré les succès enregistrés. 

« Le Togo, premier pays au monde à avoir éliminé quatre maladies tropicales négligées, travaille aujourd’hui à mettre en place un modèle national de surveillance durable pour prévenir toute réintroduction de la filariose lymphatique, du trachome, de la dracunculose et de la trypanosomiase », explique-t-il.

Cette démarche est d’autant plus cruciale que ces maladies persistent encore dans plusieurs pays voisins, exposant le Togo à un risque permanent de réintroduction. Face à l’absence d’un modèle international standardisé pour la surveillance post-élimination, le pays fait le choix d’innover en développant un système adapté à ses réalités nationales, susceptible d’inspirer d’autres États engagés dans la lutte contre les MTN.

L’atelier de Lomé a réuni 47 participants issus des directions techniques du ministère de la Santé, des programmes nationaux, ainsi que des institutions publiques comme l’Institut national d’hygiène (INH) et l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED). Des partenaires techniques et financiers, notamment l’Organisation mondiale de la santé (OMS), DAHW, Anesvad et Sightsavers, ont également pris part aux travaux, aux côtés d’experts nationaux et de représentants régionaux.

Cette mobilisation multisectorielle illustre la volonté des autorités togolaises de dépasser les approches verticales traditionnellement utilisées dans la lutte contre certaines maladies. L’ambition est désormais de bâtir une surveillance véritablement intégrée.

Pour Justin Tine, consultant en renforcement des systèmes de santé, cette approche collaborative est essentielle. « Nous avons réuni le ministère de la Santé, ses différents services, les représentants régionaux ainsi que plusieurs acteurs issus d’autres ministères pour réfléchir ensemble aux modalités permettant de préserver les acquis du Togo dans la lutte contre les MTN », souligne-t-il.

L’enjeu majeur consiste à passer d’approches verticales à un système de surveillance intégré, capable d’identifier des plateformes communes, d’harmoniser les méthodes de suivi et de mieux arrimer ces actions au système national de santé afin de réduire la fragmentation des interventions.

Les travaux de l’atelier visent notamment à mobiliser l’ensemble des parties prenantes impliquées dans la gestion des données, le diagnostic, le financement et la mise en œuvre des politiques de surveillance. Les participants analysent également les plateformes nationales existantes, telles que HMIS, DHIS2, SISAR/IDSR et les réseaux de laboratoires.

Les discussions portent aussi sur la validation de la matrice nationale des besoins de surveillance, l’identification des options techniques pour la surveillance post-validation, ainsi que la définition des paramètres de coûts nécessaires à de futures analyses coût-efficacité. Une attention particulière est accordée à la validation de la structure de la stratégie nationale de surveillance intégrée.

Le Togo entend non seulement préserver les progrès accomplis, mais aussi protéger les générations futures contre les maladies tropicales négligées. Cette démarche s’inscrit pleinement dans la feuille de route 2030 de l’Organisation mondiale de la santé et dans les ambitions nationales de renforcement du système de santé.

Déjà salué pour ses performances remarquables dans l’élimination des MTN, le Togo se positionne désormais comme un véritable laboratoire d’innovation en matière de surveillance post-élimination, consolidant ainsi les bases d’un système de santé plus résilient et durable.

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