Le Togo mise sur les femmes pour dynamiser le commerce régional en  franchissant une nouvelle étape vers un commerce plus inclusif. Le pays a officiellement lancé le projet Making Trade Work for Women (MTWW), une initiative régionale ambitieuse destinée à renforcer la place des femmes dans le commerce transfrontalier en Afrique de l’Ouest. La cérémonie, marquée par la présence d’autorités gouvernementales, de partenaires techniques et financiers et de nombreuses commerçantes, a donné le ton, l’intégration régionale ne peut réussir sans les femmes.

Ce lancement intervient dans un contexte, celui de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), qui vise à accélérer l’intégration économique du continent. Pour les autorités togolaises, il est essentiel que cette dynamique profite équitablement aux femmes, actrices majeures du commerce informel et agroalimentaire.

Un projet régional d’envergure

Déployé conjointement par le Centre d’étude et de coopération internationale (CECI) et TradeMark Africa (TMA), avec l’appui financier de Affaires mondiales Canada (AMC), le projet s’étendra sur cinq ans (2024–2029). Il couvre six pays d’Afrique de l’Ouest à savoir, le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Togo.

L’initiative repose sur trois axes majeurs que sont, renforcer les droits et la sécurité des femmes commerçantes ; structurer et développer leurs associations professionnelles ; promouvoir des politiques commerciales sensibles au genre. Formations, appui institutionnel, plaidoyer et amélioration des conditions aux frontières figurent parmi les actions prévues. L’objectif est de réduire les tracasseries, faciliter l’accès aux marchés formels et améliorer l’accès aux financements.

Au Togo, près de 10 000 femmes devraient être impactées directement ou indirectement, avec un déploiement prévu jusqu’en septembre 2030.

Les femmes, pilier de l’intégration régionale

Présidant la cérémonie, le directeur de cabinet représentant le ministre du Commerce, Koffi Mensah, a salué le rôle déterminant des femmes dans la dynamique sous-régionale. « Les femmes sont des vecteurs actifs de l’intégration régionale », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de renforcer les mécanismes de financement et d’accompagnement.

Dans les faits, les femmes dominent une large part du commerce transfrontalier togolais, notamment dans les filières agricoles et agroalimentaires. Pourtant, beaucoup opèrent encore dans l’informel, avec un accès limité au crédit bancaire, aux réseaux d’affaires structurés et à l’information stratégique.

Une feuille de route déjà en marche

Le lancement national s’est tenu en marge du premier Comité de Direction Conjoint du projet, permettant d’aligner les partenaires sur les priorités opérationnelles de la deuxième année. Des visites de terrain ont également été organisées afin de mieux cerner les défis liés aux formalités douanières, à la sécurité aux frontières et aux contraintes logistiques.

À travers le MTWW, les partenaires ambitionnent de transformer les obstacles structurels en opportunités de croissance. En soutenant la formalisation des activités et en promouvant des réformes sensibles au genre, le projet entend faire du commerce transfrontalier un véritable levier d’autonomisation économique.

Avec cette initiative, le Togo envoie un message fort, l’intégration économique régionale ne sera pleinement réussie que si les femmes en sont des bénéficiaires et des actrices à part entière.

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