
Des mouvements d’humeur enregistrés le 8 février 2026 à Latécopé, localité située à Adétikopé dans la commune d’Agoè-Nyivé 6 au Togo, ont ravivé les tensions autour d’un vaste domaine foncier revendiqué par la collectivité Davié-Assomé. Accusations de blocage d’accès à l’école et à l’eau potable, dénonciation de travaux de canalisation jugés préjudiciables… Face aux spéculations, les mandataires du domaine ont convié la presse pour, disent-ils, « rétablir les faits preuves à l’appui ».
Un titre foncier au cœur de la controverse
Propriété d’environ 600 hectares, dont 458 hectares couverts par le titre foncier N°388 TT, le domaine Davié-Assomé fait l’objet d’arrêtés d’approbation datant de 2004 et 2016. Représentant les 22 collectivités concernées, Ahonkalekou Koffi, Mlagani Yawo Nyawodzi, Anagblan Toublou et Aziakou K. Omar se disent consternés par les allégations relayées depuis plusieurs jours.
Selon leur porte-parole, le site concerné par les travaux est une zone marécageuse non habitée. Les travaux de canalisation engagés visent à drainer les eaux vers le fleuve Zio afin d’assainir le terrain et prévenir les inondations.
« Nous avons obtenu une autorisation des autorités compétentes le 13 juin 2025 après une campagne de sensibilisation des populations riveraines », expliquent-ils.
Les mandataires rappellent également que, dès 2019, l’État a déclaré la zone d’utilité publique, ce qui les avait conduits à suspendre partiellement les travaux.
Occupations et ventes contestées
Le nœud du problème résiderait, selon les responsables, dans l’occupation progressive d’une partie du domaine. Sur les 163 hectares restants à aménager, ils affirment n’en disposer aujourd’hui que d’environ 100 hectares.
« Des individus sont entrés dans le domaine déclaré d’utilité publique pour vendre des parcelles et entreprendre des constructions anarchiques », déplorent-ils. Saisies à nouveau, les autorités auraient demandé la reprise des travaux d’assainissement, sous supervision des forces de l’ordre.
Les mandataires dénoncent par ailleurs des actes de vandalisme contre les ouvrages récemment installés. « Pour éviter d’être poursuivis, certains auraient orchestré des manifestations avec des acquéreurs illégaux afin de présenter la destruction comme une réaction populaire », soutiennent-ils.
Écoles et fontaines : mythe ou réalité ?
Parmi les griefs évoqués par les meneurs des manifestations figure l’accusation selon laquelle les travaux empêcheraient des enfants de se rendre à l’école et priveraient les populations d’accès à l’eau.
Sur le terrain, la visite effectuée avec les médias n’a permis d’identifier ni établissement scolaire ni fontaine publique dans la zone concernée. Des riverains interrogés confirment le caractère marécageux du site.
« Nous cultivons ici depuis des décennies. Il n’y a ni école ni fontaine publique dans ce domaine. C’est une zone inondable où l’on fait surtout du Adémè, du melon et de la banane », témoigne un paysan rencontré sur place.
Appel à la clarification
Aux personnes estimant avoir acquis des parcelles dans le périmètre du titre foncier N°388, les mandataires recommandent de se rapprocher d’un huissier de justice afin d’identifier les éventuels vendeurs et d’établir les responsabilités.
Pour la collectivité Davié-Assomé, l’enjeu dépasse la polémique actuelle. Il s’agit, affirment-ils, de préserver un domaine légalement reconnu et de mener à terme des travaux d’assainissement qu’ils jugent essentiels pour l’aménagement futur du site.
Entre revendications foncières, occupations contestées et tensions sociales, le dossier Latécopé illustre une fois de plus la complexité de la gestion du foncier en périphérie urbaine, où intérêts communautaires, décisions administratives et réalités socio-économiques s’entremêlent.







