La Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) passe le cap décisif dans le renforcement des systèmes de santé de la région. À travers l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), elle a officiellement lancé le 6 février 2026 à Cotonou, un atelier régional dédié à l’alignement et à l’harmonisation des curricula de formation des médecins spécialistes et des chirurgiens-dentaires.
La cérémonie d’ouverture, présidée par le Ministre de la Santé du Bénin, le Professeur Benjamin Hounkpatin, a réuni des représentants des États membres de la CEDEAO, du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES), des collèges professionnels, des doyens des facultés de sciences de la santé, ainsi que des experts et partenaires techniques.
Le Ministre béninois de la Santé a souligné que l’harmonisation des curricula constitue un enjeu majeur pour la sécurité sanitaire des populations ouest-africaines.
Il a rappelé que la qualité de la formation spécialisée impacte directement la qualité des soins, la sécurité des patients et la crédibilité des systèmes de santé, tout en favorisant l’intégration régionale grâce à la reconnaissance et à l’équivalence des diplômes.
Représentant le Directeur Général de l’OOAS, Dr Melchior Athanase J. C. Aïssi, le Professeur Joseph Olorunda a mis en lumière les défis persistants liés au déficit de ressources humaines qualifiées dans la région.
Depuis 2007, a-t-il indiqué, l’OOAS œuvre à l’harmonisation des curricula, à l’élaboration de critères d’accréditation et au renforcement des politiques de formation, afin d’améliorer la qualité des services de santé et de promouvoir la mobilité professionnelle au sein de l’espace CEDEAO.
Intervenant au nom de la Sierra Leone, pays assurant la présidence de la CEDEAO, Dr Joan Shepherd a salué les efforts constants de l’OOAS dans la structuration de la formation spécialisée en santé. Elle a insisté sur l’urgence de disposer de spécialistes qualifiés pour faire face à la lourde charge de morbidité dans la région.
Au nom des doyens des facultés de sciences de la santé, le Professeur Ulrich Vodouhe a estimé que l’harmonisation des curricula renforcera la qualité de la formation, facilitera la mobilité académique et contribuera à une meilleure rétention des professionnels de santé en Afrique de l’Ouest.
Les collèges professionnels, représentés par le Professeur Philip Mshelbwala, ont quant à eux plaidé pour une collaboration interdisciplinaire renforcée afin de produire des référentiels de formation adaptés aux réalités sanitaires ouest-africaines.
Le CAMES, par la voix du Professeur Doumma Ali, a salué une initiative en parfaite cohérence avec son Plan stratégique 2024-2028, soulignant le rôle clé de l’harmonisation des curricula dans l’intégration académique et la mobilité des apprenants et des enseignants-chercheurs.
Enfin, le Professeur Agnon Koffi Balogou, Président du Conseil Régional pour la Formation des Professionnels en Santé, a rappelé que les référentiels élaborés dans l’espace CEDEAO servent déjà de modèles dans d’autres régions du continent africain.
Les travaux de l’atelier porteront notamment sur la nomenclature des diplômes, la durée et les conditions d’admission aux formations, les contenus pédagogiques, les méthodes d’enseignement et les mécanismes d’évaluation. Ils devraient aboutir à l’adoption de référentiels harmonisés appelés à devenir des normes régionales pour la formation spécialisée en sciences de la santé.
La CEDEAO et l’OOAS réaffirment leur engagement en faveur d’une formation médicale de qualité, de la mobilité des professionnels de santé et du renforcement de la souveraineté sanitaire de l’Afrique de l’Ouest.







