Dans le cadre de la Journée africaine de la technologie et de la propriété industrielle, célébrée chaque année le 13 septembre, l’Institut national de la propriété industrielle et de la technologie (INPIT) a organisé, jeudi 10 septembre 2026 à Lomé, une conférence-débat consacrée à la protection des titres de propriété industrielle et à la lutte contre la contrefaçon.

Placée sous les auspices de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), cette rencontre a réuni les principaux acteurs de l’écosystème de l’innovation et de la création que sont, les artisans, les créateurs, les inventeurs et innovateurs, les opérateurs économiques, industriels. Au cœur des échanges, « L’importance de la protection des titres de propriété industrielle : cas des marques, des dessins et modèles industriels, ainsi que les risques liés à leur contrefaçon ».

L’initiative intervient dans un contexte où la protection des actifs immatériels apparaît de plus en plus déterminante pour la compétitivité des entreprises africaines. Pour les acteurs économiques, une innovation ou une création non protégée peut rapidement devenir une source de vulnérabilité, notamment face à la reproduction, l’imitation ou la commercialisation illicite.

Protéger l’identité et la valeur des entreprises

Dans son intervention, Adja Tchandikou, Directrice générale par intérim de l’INPIT, a insisté sur l’importance de la protection juridique des actifs immatériels détenus par les entreprises et les créateurs.

Elle a toutefois relevé que cette protection reste confrontée à une menace persistante : la contrefaçon. Un phénomène qui, selon elle, n’épargne pratiquement aucun secteur. Des produits de grande consommation aux créations artisanales, de la mode à la technologie, en passant par l’agroalimentaire, les produits pharmaceutiques et le commerce en ligne, la contrefaçon constitue un défi majeur pour les économies.

Une marque, a-t-elle expliqué en substance, ne se résume pas à un nom, un logo ou un slogan. Elle représente l’identité d’une entreprise, sa réputation, une promesse de qualité et, surtout, un lien de confiance construit avec le consommateur.

Il en va de même pour les dessins et modèles industriels. Au-delà de la simple apparence d’un produit, ils traduisent un travail de conception, une recherche esthétique et une capacité d’innovation qui peuvent constituer un avantage concurrentiel déterminant sur un marché.

Derrière chaque marque, chaque dessin et chaque modèle se trouvent des idées, du temps, des investissements, des compétences et parfois des années d’efforts entrepreneuriaux. Leur protection constitue donc un enjeu qui dépasse largement la seule dimension juridique.

La contrefaçon, une menace pour toute l’économie

Les participants à la conférence ont ainsi été sensibilisés aux multiples conséquences de la contrefaçon. Pour les entreprises, elle peut entraîner des pertes financières, une dégradation de l’image de marque et une érosion des parts de marché. Pour les créateurs et innovateurs, elle peut décourager l’investissement dans la recherche, la conception et la création.

Mais les conséquences ne s’arrêtent pas aux titulaires de droits. La contrefaçon expose également les consommateurs à des produits dont la qualité, la sécurité ou l’origine ne sont pas garanties. Elle contribue, par ailleurs, à fragiliser l’intégrité et la transparence du marché.

Lutter contre la contrefaçon revient donc à défendre à la fois les intérêts économiques des entrepreneurs et des créateurs, la sécurité des consommateurs et la crédibilité de l’environnement des affaires.

Face à cette réalité, la sensibilisation des acteurs apparaît comme une étape essentielle. Les entreprises, artisans, inventeurs et innovateurs doivent davantage intégrer la protection de leurs créations dans leur stratégie de développement, au même titre que l’investissement, la commercialisation ou la recherche de nouveaux marchés.

L’OAPI et l’INPIT au cœur de la protection

Les différentes communications présentées au cours de la rencontre ont permis de mieux comprendre le rôle de l’OAPI et de l’INPIT dans le système de protection de la propriété industrielle.

Les échanges ont notamment porté sur l’impact économique et stratégique de la protection des marques, dessins et modèles industriels, ainsi que sur les risques associés à leur contrefaçon. Les participants ont également réfléchi aux mécanismes et aux bonnes pratiques permettant de mieux prévenir et combattre ces atteintes aux droits de propriété industrielle.

Cette démarche s’inscrit dans une dynamique plus large de valorisation de l’innovation africaine. Dans un environnement économique marqué par l’ouverture croissante des marchés et l’intensification de la concurrence, la propriété industrielle constitue un instrument permettant aux entreprises de sécuriser leurs créations, de renforcer leur positionnement et de mieux valoriser leurs actifs immatériels.

« Une innovation togolaise protégée, valorisée et compétitive »

Représentant le ministre délégué chargé de la protection des investissements, de l’industrie et de la souveraineté économique, Laré Arzouma, président de la Haute Autorité de la qualité et de l’environnement (HAUQE), a souligné la dimension stratégique de la propriété industrielle dans la politique économique du Togo.

Selon lui, celle-ci doit accompagner la politique d’industrialisation du pays et permettre aux entreprises togolaises de tirer pleinement profit des opportunités offertes par les marchés africains et internationaux.

« Notre ambition est de faire de l’innovation togolaise une innovation protégée, valorisée et compétitive », a-t-il affirmé.

Cette vision place ainsi la propriété industrielle au cœur des ambitions de transformation économique du pays. Dans un contexte où le Togo cherche à renforcer son tissu industriel, soutenir l’entrepreneuriat et favoriser l’émergence de champions locaux, la protection des innovations et des signes distinctifs devient un levier de compétitivité.

Pour une culture renforcée de la propriété industrielle

À travers cette conférence-débat, l’INPIT entend donc contribuer à l’émergence d’une véritable culture de la propriété industrielle au Togo. L’enjeu est de convaincre les créateurs et les entreprises que protéger une marque, un dessin ou un modèle n’est pas une simple formalité administrative, mais un investissement dans la pérennité et la valeur de leur activité.

La célébration de cette 27ᵉ édition de la Journée africaine de la technologie et de la propriété industrielle aura ainsi servi de cadre pour rappeler une évidence : une innovation qui n’est pas protégée reste vulnérable.

Le renforcement de la lutte contre la contrefaçon apparaît dès lors comme une responsabilité collective. Institutions publiques, OAPI, entreprises, créateurs, consommateurs et autres acteurs du marché doivent conjuguer leurs efforts pour bâtir un environnement où l’innovation est mieux protégée et où la concurrence s’exerce dans des conditions plus équitables.

Pour le Togo, l’objectif est désormais de transformer davantage la créativité et l’innovation nationales en véritables actifs économiques, capables de créer de la valeur, de générer des emplois et de conquérir durablement les marchés africains et internationaux.

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