Anciens Directeurs Généraux de la CNSS, ils ont chacun consacré près de 40 ans à bâtir des institutions. L’un a misé sur le capital humain avec l’IAEC, l’autre sur le capital financier avec Ecobank. À l’heure où l’Afrique cherche des modèles, le Togo choisit de célébrer Gervais Djondo et Bassabi Kagbara de leur vivant.
Il est des hommes dont le parcours dépasse leur propre histoire pour rejoindre celle d’un pays. Gervais Djondo et Bassabi Kagbara appartiennent à cette génération de bâtisseurs togolais.
Deux univers, deux combats. L’un dans l’éducation, l’autre dans la finance. Mais une même philosophie : transformer une vision en institution, une ambition en résultats, et une carrière en héritage.
Aujourd’hui, il est temps de les honorer. Non pour refermer un chapitre, mais pour reconnaître une œuvre qui continue de produire des effets.
Le pari de l’éducation
En 1986, lancer un établissement d’enseignement supérieur privé relevait presque de la gageure. Bassabi Kagbara, ex-DG de la CNSS, l’a fait. Convaincu qu’aucune nation ne se construit sans investir dans son capital humain, il fonde l’IAEC.
Quarante ans plus tard, les chiffres parlent : plus de 40 000 apprenants inscrits, plus de 25 000 diplômés, et une présence qui dépasse aujourd’hui les frontières du Togo.
L’IAEC n’est plus une simple école. C’est devenue une institution, une marque de confiance, un vivier de cadres, d’entrepreneurs et de décideurs qui participent à la construction du Togo et de l’Afrique. La force de ce parcours tient dans la durée : une vision tenue sur le temps long.
La finance au service du continent
Autre secteur, même exigence : bâtir pour durer. Gervais Djondo, lui aussi ancien DG de la CNSS, a consacré près de 40 ans à la banque et à la finance.
Son nom reste associé à la montée en puissance du groupe Ecobank. Au-delà des performances, son œuvre repose sur la confiance, la rigueur et la capacité à créer des institutions capables de traverser les générations.
De la responsabilité nationale à l’ouverture internationale, son itinéraire démontre qu’un professionnel africain peut mener une carrière d’excellence tout en contribuant au rayonnement de son pays. Quatre décennies d’engagement qui constituent un véritable patrimoine professionnel.
Deux leviers pour un même objectif
L’un a formé des générations. L’autre a consolidé des institutions financières.
L’un a investi dans le capital humain. L’autre a travaillé à la circulation du capital financier.
Leurs trajectoires se rejoignent pourtant : ils ont compris que le développement d’un pays ne repose pas sur les discours, mais sur la capacité à créer des institutions solides, à transmettre des compétences et à inscrire son action dans la durée.
Célébrer avant de commémorer
L’Afrique a trop souvent l’habitude de découvrir la grandeur de ses bâtisseurs après leur disparition. Il faut changer cette culture.
Célébrer Gervais Djondo et Bassabi Kagbara aujourd’hui, c’est leur permettre de mesurer l’impact de leur œuvre. C’est donner aux générations qu’ils ont formées et inspirées l’occasion de leur dire merci. C’est transmettre directement leur expérience.
Leur véritable distinction ne tient pas seulement à une réussite professionnelle. Elle réside dans ce qu’ils laissent derrière eux : des institutions, des compétences, des réseaux, et une vision d’un Togo ouvert sur l’Afrique et sur le monde.
À l’heure où le continent cherche de nouveaux modèles, leurs parcours rappellent une vérité simple : l’excellence africaine existe. Elle se construit dans la patience, le travail et la transmission.
Deux hommes. Deux métiers. Une même empreinte : bâtir aujourd’hui pour que l’Afrique soit plus forte demain. Le Togo doit célébrer ses champions. L’Afrique doit raconter ses bâtisseurs.









