Le Mouvement Martin Luther King (MMLK) monte au créneau face à la crise sociale et scolaire que connaît actuellement la France. Dans un communiqué publié le 3 octobre, l’organisation appelle au dialogue, à la non-violence et à une réponse politique et éducative à la mobilisation de la jeunesse française.
Se présentant comme « la Voix des Sans Voix », le MMLK dit suivre avec une « profonde préoccupation » les événements qui se déroulent en France depuis la fin du mois de septembre. Selon les chiffres avancés par le mouvement, plus de 1 200 lycées seraient perturbés, 222 établissements bloqués et plus de 5 000 jeunes interpellés en une semaine, dont une majorité de mineurs.
Le mouvement dénonce parallèlement les violences qui accompagnent ces mobilisations, incendies d’établissements scolaires, dégradations et affrontements ayant, selon lui, fait de nombreux blessés parmi les forces de l’ordre, le personnel éducatif et les élèves. Il évoque également des dégâts matériels estimés à plusieurs dizaines de millions d’euros.
Le MMLK condamne les violences
Tout en affirmant comprendre les préoccupations exprimées par les jeunes, le MMLK condamne fermement les actes de violence, le vandalisme et la destruction des infrastructures publiques.
« L’école est le sanctuaire de l’avenir. La brûler, c’est brûler son propre avenir », affirme le mouvement, qui invite les lycéens à privilégier des formes de contestation pacifiques et citoyennes, en référence à l’héritage de Martin Luther King Jr.
Un appel au gouvernement français
Le MMLK interpelle également les autorités françaises et les forces de l’ordre. Il demande notamment « l’arrêt des répressions disproportionnées » et dénonce ce qu’il qualifie de « rafles massives de mineurs ».
Pour l’organisation, la garde à vue ne saurait constituer une réponse éducative à une crise sociale et scolaire. Elle appelle ainsi le gouvernement français à privilégier le dialogue avec la jeunesse et à apporter des réponses aux difficultés qu’elle présente comme étant à l’origine de la mobilisation.
Parmi les revendications citées par le MMLK figurent notamment la vétusté des équipements scolaires, le manque d’enseignants et la surpopulation des classes. Le mouvement exhorte Paris à investir dans la rénovation et la construction d’établissements scolaires « modernes et dignes ».
La crainte d’un « boomerang de l’histoire »
C’est toutefois dans la dernière partie de son communiqué que le MMLK formule son avertissement le plus fort.
L’organisation dit redouter que la France soit confrontée, sur son propre territoire, à des difficultés qu’elle estime avoir longtemps laissées sans solution dans ses anciennes colonies, « inégalités criantes, jeunesse abandonnée, infrastructures délabrées, dialogue rompu ».
Le mouvement présente cette situation comme un possible « boomerang de l’histoire ». Une formule destinée à interpeller les autorités françaises sur les conséquences, selon lui, d’un déficit de dialogue et d’investissements sociaux.
« Quand on sème la négligence, on récolte la colère », écrit encore le MMLK, qui appelle la France à tirer les leçons de la crise actuelle et à éviter de reproduire, selon sa lecture, des situations qu’elle a elle-même critiquées dans d’autres pays.
Le mouvement réaffirme son appel à la non-violence et à la justice. « Que la non-violence et la justice prévalent. »


