
Le Togo confirme son statut de pays pilote en matière de budgétisation sensible au dividende démographique (BSDD). Les 15 et 16 juillet, de hauts cadres de plusieurs ministères prennent part à Lomé à un atelier technique destiné à renforcer leurs compétences pour mieux intégrer les enjeux démographiques dans l’élaboration du budget de l’État.
Organisée par le ministère de l’Économie et des Finances avec l’appui financier de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de la stratégie nationale de développement qui place le capital humain, l’emploi des jeunes, l’accès aux services sociaux de base et l’inclusion sociale au cœur des priorités du pays.
La BSDD constitue une approche innovante qui permet d’intégrer les réalités démographiques dans toutes les étapes de la gestion des finances publiques, de la planification à l’évaluation des politiques publiques. Son objectif est d’orienter davantage les ressources de l’État vers des investissements stratégiques favorisant le développement du capital humain.
Cet atelier vise notamment à doter les participants des outils et méthodes nécessaires pour intégrer efficacement cette approche dans les documents de programmation budgétaire, en particulier dans le cadre de la préparation du projet de loi de finances 2027.

Pour Mme Ngone Diop, Directrice du Bureau sous-régional de la CEA pour l’Afrique de l’Ouest, la budgétisation sensible au dividende démographique est un puissant levier pour améliorer l’efficacité des dépenses publiques. Elle favorise une meilleure cohérence entre les priorités nationales, les politiques sectorielles et les allocations budgétaires, tout en accélérant la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
La responsable de la CEA a salué les performances du Togo, retenu parmi les pays pilotes pour expérimenter cette approche. Elle a souligné l’engagement des institutions togolaises, la mise en place d’une équipe multidisciplinaire chargée de conduire le processus ainsi que l’utilisation des résultats obtenus pour orienter les budgets 2025 et 2026.
Progressivement intégrée au document de programmation pluriannuelle des dépenses, la BSDD est appelée à occuper une place de plus en plus importante dans le budget de l’État.
L’accompagnement de la CEA au Togo couvre également d’autres domaines stratégiques tels que les statistiques, la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et le renforcement des capacités du Port autonome de Lomé.
Si plusieurs pays africains s’engagent dans cette démarche, le Togo se distingue par la régularité de ses résultats, au point d’être considéré comme l’un des véritables champions de cette approche sur le continent.
Pour Sovi Koku, Directeur des études et de l’analyse du budget au ministère de l’Économie et des Finances, le potentiel démographique du pays constitue un véritable moteur de croissance. Il estime que cette richesse ne pourra produire tous ses effets qu’à travers des investissements soutenus dans l’éducation, la santé, la formation et l’emploi des jeunes, faisant de la BSDD un outil stratégique au service du développement économique et social du Togo.









