La médecine traditionnelle entend faire entendre sa voix et revendiquer pleinement sa place dans les politiques de santé en Afrique de l’Ouest. C’est dans cette dynamique que l’Organisation des Chercheurs et Médecins Holistiques (OCMH) section Togo organisera, le 07 août 2026 à Lomé, la première édition de l’Award des Praticiens de la Médecine Traditionnelle de l’Afrique de l’Ouest (APMTAO), placée sous le thème : « Enjeux de la médecine africaine à l’heure du numérique ».
L’annonce a été faite mardi 9 juin 2026 à Lomé lors d’une conférence de presse animée par les responsables de l’organisation.
Pour les initiateurs de l’événement, cette rencontre vise à rendre hommage aux praticiens de la médecine traditionnelle (PMT), considérés comme des acteurs majeurs de la santé publique sur le continent.
Selon Bédi-Djinekou Kokou Sénam, Coordinateur national de l’OCMH-Togo, ces praticiens assurent près de 80 % des besoins sanitaires des populations, malgré leur faible prise en compte dans les politiques publiques de santé.
« Nous voulons célébrer nos héros dans le domaine de la santé. Contrairement à ce qui se fait souvent, où la médecine traditionnelle est reléguée au second plan, nous pensons qu’il est temps de lui restituer toute sa place », a-t-il déclaré.
Pour les responsables de l’OCMH, les ambitions de souveraineté sanitaire affichées par de nombreux États africains ne pourront être atteintes sans une meilleure valorisation des praticiens de la médecine traditionnelle.
L’organisation estime que cette médecine constitue un héritage culturel et scientifique transmis depuis des millénaires et qu’il convient de préserver tout en renforçant les capacités de ses acteurs.
L’APMTAO 2026 sera également marquée par la remise de diplômes d’honneur à plusieurs praticiens de la médecine traditionnelle justifiant d’au moins dix années d’expérience. Seront notamment distingués les promoteurs de centres de traitement traditionnel, les responsables de couvents ainsi que les acteurs ayant développé et mis sur le marché local des médicaments traditionnels améliorés.
Pour cette première édition, le Burkina Faso est désigné pays invité d’honneur en raison de ses efforts en faveur de la promotion de la médecine traditionnelle comme levier de souveraineté sanitaire africaine. En reconnaissance de cette vision, l’édition 2026 sera baptisée « Promotion Ibrahim Traoré ».
Au-delà de la célébration, les organisateurs souhaitent également ouvrir le débat sur les défis auxquels fait face la médecine traditionnelle. Le principal obstacle demeure, selon eux, l’absence d’un cadre juridique clair définissant le statut du praticien de la médecine traditionnelle.
L’OCMH plaide ainsi pour l’élaboration et l’adoption d’un texte de loi permettant d’identifier officiellement les praticiens de la médecine traditionnelle, de préciser leur rôle dans le système national de santé et de définir les attentes de la nation à leur égard.
L’organisation entend contribuer à une meilleure reconnaissance de la médecine traditionnelle africaine et à son intégration effective dans les stratégies de développement sanitaire du continent.









