Chères consœurs, chers confrères,
En ce 3 mai, Journée mondiale de la liberté de la presse, l’Union des Journalistes Indépendants du Togo s’associe à la communauté internationale pour célébrer, mais aussi pour interpeller.
Célébrer le courage de celles et ceux qui, chaque jour, au Togo et à travers le monde, exercent leur métier avec rigueur, intégrité et dévouement au service de la vérité.
Interpeller, car les défis sont réels et pressants.
Un environnement sous pression
L’information est devenue un champ de bataille. Manipulée, détournée, weaponisée par des acteurs malveillants qui exploitent l’intelligence artificielle, elle érode chaque jour un peu plus le lien de confiance entre les citoyens et leurs institutions, et avec lui, les fondements mêmes de la sécurité nationale.
Dans ce même mouvement, les médias indépendants s’essoufflent : fragilisés économiquement, ils peinent à tenir leur rôle de vigie là où la démocratie en a le plus besoin.
Mais c’est en coulisses que le mal est le plus profond. L’autocensure a bondi de plus de 60 % à travers le monde. Non pas sous la contrainte d’une loi, mais sous le poids d’une peur diffuse et multiforme : la menace de représailles, le harcèlement numérique, l’intimidation par les tribunaux, les pressions économiques.
Une liberté qui se retire d’elle-même silencieusement, insidieusement. C’est peut-être là la forme la plus grave de censure : celle qu’on n’a pas besoin d’imposer.
Le journalisme, un levier pour la paix
Le thème de cette année « Façonner un avenir de paix » nous rappelle une vérité fondamentale : la liberté de la presse et le journalisme indépendant ne sont pas des enjeux sectoriels. Ce sont des forces d’avenir et des leviers transversaux au service de la paix, de la résilience et de la gouvernance démocratique.
En favorisant l’accès à une information fiable, en promouvant la redevabilité, en nourrissant le dialogue et en consolidant la confiance entre citoyens et institutions, le journalisme indépendant est un pilier essentiel de la paix, de la reprise économique, du développement durable et des droits humains.
Au Togo, cette réalité prend tout son sens dans un contexte où la cohésion sociale et la stabilité institutionnelle exigent une presse libre, professionnelle et responsable.
Classement Reporters Sans Frontières
L’UJIT salue avec fierté les résultats du classement mondial de la liberté de la presse 2026 publié par Reporters sans frontières : le Togo y gagne 25 places en un an, passant de la 121ᵉ à la 97ᵉ position sur 180 pays.
Cette progression remarquable, l’une des plus importantes enregistrées en Afrique de l’Ouest marque un tournant symbolique : le Togo quitte la catégorie des pays jugés en situation « difficile » pour rejoindre celle des environnements « problématiques », signe d’une évolution encourageante à consolider.
L’UJIT appelle également le gouvernement togolais à revoir à la hausse le fonds d’aide de l’État à la presse, afin de doter les médias togolais des moyens nécessaires à l’accomplissement de leur mission d’utilité publique.
Notre engagement
L’UJIT réaffirme solennellement son engagement à :
- Défendre chaque journaliste victime d’intimidation ou de pression,
- Promouvoir les standards éthiques et professionnels du métier,
- Plaider pour un cadre juridique et économique favorable à l’indépendance des médias,
- Contribuer activement à façonner, par l’information juste, un Togo plus pacifique et plus démocratique.
À toutes et à tous, bon courage dans l’exercice de cette noble mission.
La plume au service de la paix est plus puissante que jamais.
Bonne Journée mondiale de la liberté de la presse !
Le Secrétaire Général de l’UJIT, Eli Goka-Adokanu







