Agbodo Yawo Agbeko, Ceinture noire 6e dan, Président du Lion Judo Club du Togo et promoteur du tournoi Pâques au Dojo, revient sur cette 5e édition historique, ses satisfactions et ses ambitions pour l’avenir.
Cinq éditions, quinze clubs, sept nations, des centaines de judokas mobilisés autour d’un tatami à Lomé : le tournoi Pâques au Dojo est devenu, en l’espace de quatre ans, un événement phare du judo en Afrique de l’Ouest.
Cette 5e édition a réuni sept pays. Est-ce que vous vous attendiez à une telle progression ?
Honnêtement, oui et non. Nous travaillons chaque année, avec le soutien de la Fédération Togolaise de Judo, pour élargir la participation. Mais voir sept nations réunies à Lomé en si peu de temps, c’est une vraie satisfaction.
Les clubs du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire nous ont rejoints cette année, et leur présence a clairement élevé le niveau général de la compétition. Cela prouve que Pâques au Dojo est désormais identifié comme un rendez-vous sérieux pour la promotion du judo dans la sous-région.
C’est aussi l’occasion de remercier tous nos partenaires et sponsors qui contribuent chaque année à donner de l’éclat à cette compétition.
Le CESCA de la Côte d’Ivoire a dominé le tableau avec sept médailles d’or. Comment analysez-vous cette performance ?
C’est la loi du sport : on invite les meilleurs, et parfois ce sont eux qui gagnent. Les Ivoiriens sont venus avec une délégation bien préparée, composée d’athlètes ayant l’expérience de grandes compétitions. Je les félicite pour cette performance.
Mais je souhaite que cela serve d’exemple à nos athlètes togolais. Voir de leurs propres yeux ce que des voisins sont capables de faire doit les pousser à travailler davantage. La compétition, c’est aussi un miroir.
Le Togo a tout de même décroché deux médailles d’or, notamment chez les cadets. C’est encourageant, non ?
Absolument, et c’est peut-être la plus belle nouvelle de cette édition, surtout dans la perspective des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, auxquels notre pays participera.
Cette jeunesse incarne l’avenir du judo togolais. L’objectif est que ces performances ne soient pas des événements isolés, mais le début d’une série.
C’est tout l’enjeu de notre travail de formation au quotidien au Lion Judo Club. La première journée a été consacrée aux tout-petits (4 à 15 ans).
Quel est l’intérêt de les mettre aussi tôt en compétition ?
C’est une question essentielle pour moi. Mettre un enfant de 4 ans sur un tatami de compétition, ce n’est pas le jeter dans la bataille, mais lui offrir une expérience de vie. À cet âge, on ne cherche pas la médaille, mais l’éveil, éveil du corps, éveil de la concentration, éveil du respect de l’autre.
Participer à Pâques au Dojo, c’est aussi découvrir ce que signifie porter les couleurs de son club.
Ces enfants que vous voyez aujourd’hui sont les champions du Togo de demain. Attendre 15 ans pour les exposer à la compétition, ce serait perdre des années précieuses de formation mentale et technique.
Il y a également une dimension familiale et sociale importante. Quand un parent vient voir son enfant combattre, il découvre l’univers du judo, s’y attache et s’implique. C’est toute une communauté qui se construit autour du tatami.
Quel est votre prochain objectif pour Pâques au Dojo ?
La 6e édition devra franchir un nouveau cap. Nous voulons accueillir encore plus de clubs et de nations, et faire de cette compétition une véritable tribune pour les clubs africains. Elle permettra aussi à des athlètes qui n’accèdent pas aux sélections nationales de participer à une compétition internationale.
Notre second objectif est de voir le Togo mieux performer à domicile. Pour cela, des camps d’entraînement et des stages de préparation sont déjà en cours de programmation.
Je profite de cette occasion pour exprimer ma profonde gratitude au Président de la Fédération Togolaise de Judo, également Président du Comité National Olympique du Togo, dont le soutien est essentiel à l’organisation de ce tournoi.







