
La saison de la chasse traditionnelle 2026 s’est officiellement refermée le samedi 11 avril dans la préfecture de la Kozah avec la célèbre « chasse Eyadéma », marquant ainsi la fin d’un cycle riche en traditions et en symboles. Une semaine auparavant, les chasseurs du canton de Bohou avaient déjà donné le ton avec la chasse « Tchoknow », organisée dans une ambiance à la fois festive et spirituelle.
Dès les premières heures de la journée, et même jusqu’à minuit pour les plus endurants, les chasseurs ont investi la brousse, armés de gourdins et de massues. Fidèles aux coutumes ancestrales, ils ont entonné des chants de louange en hommage aux ancêtres et à Dieu, célébrant une saison jugée fructueuse et marquée par l’esprit de solidarité.
« À la chasse, il n’y a pas de gourmandise. Si nous y allons, c’est pour nous tous », confie un chasseur, illustrant l’esprit de partage qui caractérise cette pratique séculaire.
Le point de rassemblement, situé à la cour de l’EPP d’Adjamada, a accueilli le retour des chasseurs avec leur butin. Ce lieu chargé d’histoire joue un rôle social important : il permet notamment aux personnes n’ayant pas pu participer, notamment les personnes vulnérables, de découvrir les animaux capturés et d’en apprendre les noms.
Selon les témoignages, les chasseurs parcourent parfois de longues distances, jusqu’aux montagnes de Djamdé, avant de ramener leurs prises à Bou-Pyadé puis à Adjamada. Autrefois, cette chasse marquait la fin des activités cynégétiques dans la région, avant l’instauration de la chasse Eyadéma en hommage à une figure emblématique du pays, reconnue pour ses talents de chasseur.
Le pays kabyè compte au total quatre grandes formes de chasse traditionnelle : Kpah, Lao-Tchodjo, Aguzu et Tchaou (ou Tchoknow), auxquelles s’ajoute aujourd’hui la chasse Eyadéma qui clôture la saison.
La cérémonie a été rehaussée par la présence du conseiller municipal, Dr MAGNANGOU Essonam, qui a salué la portée éducative et culturelle de cet événement.
Pour lui, cette période constitue « un moment unique de rencontre entre l’homme et la nature », mais aussi une opportunité de transmettre aux jeunes générations les valeurs fondamentales telles que le courage, l’endurance et la solidarité.
Il souligne également que cette pratique ne vise pas une exploitation abusive de la faune, mais participe à la régulation des animaux sauvages susceptibles de s’approcher des habitations, contribuant ainsi à la sécurité des populations.
Au-delà de son aspect festif, la chasse traditionnelle demeure une véritable école de vie. À travers chants, proverbes et récits, elle perpétue les réalités sociales et culturelles du milieu, consolidant ainsi l’identité et la cohésion des communautés locales.







