
La communauté chrétienne catholique de la paroisse Notre-Dame de Lourdes de Bè-Adidomé a rayonné d’une immense joie lors de la messe pontificale concélébrée le dimanche 22 février 2026 à Lomé, marquée par la consécration de son église, en présence d’évêques, de prêtres, de consacrés, de religieuses, d’amis et de fidèles.
La célébration eucharistique a été présidée par Mgr Isaac Jogues Agbéménya Gaglo, administrateur apostolique de l’Archidiocèse de Lomé et évêque d’Aného. Elle a été concélébrée par Messeigneurs Denis Amuzu-Dzakpah, archevêque émérite de Lomé, et Dominique Banlène Guigbile, évêque de Dapaong, entourés d’une centaine de prêtres.

Dans son homélie riche et profonde, inspirée du livre de Néhémie, Mgr Isaac Gaglo a rappelé le caractère profondément sacré de l’Église et l’usage ultime que doivent en faire les fidèles.
« Le peuple de Dieu est rassemblé, les murs de Jérusalem sont reconstruits. Mais cela ne suffit pas : il faut y proclamer, expliquer, accueillir et comprendre la Parole de Dieu », a-t-il indiqué.
Selon lui, « l’édifice, aussi beau soit-il, n’a de sens que s’il devient un lieu vivant où Dieu échange avec son peuple ».
Porté par la dimension spirituelle de l’événement, Mgr Gaglo a exhorté les fidèles au rapprochement de Dieu, à sa rencontre et au ressourcement spirituel quotidien conduisant à l’élévation.

« Que cette église soit toujours un lieu de prière, d’écoute de la Parole, de célébration et de silence ; mais surtout qu’elle fasse de nous un peuple vivant, joyeux, fidèle, capable de témoigner par toute sa vie de l’amour du Christ pour le monde », a conclu l’administrateur apostolique de Lomé.
Liturgie de la dédicace
Conformément aux rituels de la consécration, la messe a débuté exceptionnellement à l’entrée principale de l’église, avec une brève présentation et la remise symbolique de l’édifice à Mgr Isaac Gaglo.
L’aspersion des murs a marqué la première étape de la dédicace à l’intérieur. Au point culminant de la célébration, plusieurs rites, inhabituels lors d’une Eucharistie ordinaire, ont été accomplis notamment, l’onction de l’autel et des murs de l’église ; l’onction des douze piliers soutenant l’édifice par l’évêque et des ministres désignés ; l’encensement de l’autel et de l’église ; la disposition des amas de grains d’encens mêlés à la cire, brûlés sur l’autel ; l’illumination de l’autel et de l’église ; le nettoyage et la parure de l’autel ; la remise d’un cierge allumé au diacre par l’évêque, accompagnée des paroles appropriées ; l’allumage des cierges de l’autel par les diacres ; l’allumage de tous les cierges et luminaires aux emplacements des onctions.
Une consécration au-delà du geste matériel
Au-delà d’une œuvre architecturale, l’édifice construit est une maison de prière, la demeure de Dieu.
La liturgie de la consécration établit un parallèle avec le baptême. « L’église est baignée d’eau en début de messe, rappelant ce sacrement d’initiation. »
« Comme le néophyte immergé dans l’eau est confirmé par l’onction du Saint Chrême, l’église reçoit l’onction, commençant par l’autel, passant par les douze piliers pour aboutir aux murs », a expliqué l’officiant principal.
L’Autel représente le Christ lui-même, prêtre, victime et autel du sacrifice. Les cinq croix qui s’y trouvent rappellent les cinq plaies reçues par Jésus sur la croix.
Les douze piliers symbolisent les douze apôtres qui ont soutenu l’édifice spirituel par leur foi et leur témoignage.
La liturgie de la consécration comporte également un geste antique et très fort remontant au Ier siècle : la crypte, où reposent les reliques, évoque les catacombes et signifie la communion des saints.
Historique de la paroisse
La communauté catholique Notre-Dame de Lourdes de Bè-Adidomé a connu sa première célébration eucharistique le 11 février 1990, présidée par le Très Révérend Père Pierre Dovi N’Danu-Alipui (de regrettée mémoire), alors curé de la paroisse Saint-Augustin d’Amoutivé.
Elle avait vécu sa première célébration de la Parole le 21 janvier 1990. Érigée canoniquement en paroisse le 4 octobre 2002 par décret de Mgr Philippe Kpodzro, alors archevêque métropolitain de Lomé, elle a eu pour curé fondateur le R.P. Georges Gbafa ; M. Emmanuel Djadjou fut le premier président du comité paroissial, constitué le 11 février 1990.
La signature des actes de la dédicace a constitué un autre moment fort de cette célébration, un temps de communion fraternelle, de partage et d’amitié, resserrant les liens entre prêtres, consacrés et fidèles, dans l’espérance d’une Église toujours plus vivante au cœur de la cité des saints.








