L’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (WAHO) passe un cap decisif dans la modernisation des systèmes d’information sanitaire en Afrique de l’Ouest. L’institution spécialisée de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) y organise à Cotonou au Bénin, un atelier régional consacré à la mise en œuvre du partage automatisé des données de santé de routine, Phase 1.
Pendant cinq jours, des gestionnaires nationaux des Systèmes Nationaux d’Information en Santé (NHMIS), des spécialistes en Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) et des gestionnaires de données issus de quatre pays pilotes à savoir, la Gambie, le Libéria, la Sierra Leone et le Togo, travaillent à l’harmonisation et à l’automatisation des flux d’informations sanitaires.
Une avancée stratégique pour la région
Fort des progrès déjà réalisés dans le transfert automatisé des données de surveillance épidémiologique, la WAHO étend désormais cette approche innovante aux données relatives à la prestation des services de santé de routine. L’objectif est d’améliorer la disponibilité, la rapidité, la qualité et la fiabilité des données régionales tout en réduisant les délais de transmission et les erreurs liées aux processus manuels.
Ce projet pilote ambitionne de transformer durablement la production d’informations sanitaires régionales. À terme, il permettra une analyse quasi en temps réel des indicateurs clés, notamment dans les domaines de la santé maternelle et infantile, du VIH/SIDA, de la tuberculose, du paludisme, de la vaccination ainsi que dans d’autres priorités de santé publique. La santé communautaire est également pleinement intégrée dans cette dynamique.
Des objectifs structurants
La première phase de mise en œuvre poursuit plusieurs objectifs majeurs notamment, évaluer la qualité des données de routine dans les pays participants ; harmoniser les indicateurs régionaux de référence avec les systèmes nationaux DHIS2 ; concevoir et tester une architecture technique sécurisée pour le transfert automatisé des données ; mettre en place des mécanismes intégrés de validation et d’assurance qualité ; développer un cadre technique et opérationnel évolutif en vue d’une extension à d’autres États membres de la CEDEAO.
Des résultats attendus concrets
À l’issue de l’atelier, les participants devraient disposer d’un système opérationnel de transfert automatisé des données, d’une cartographie harmonisée des indicateurs régionaux et d’un cadre technique robuste pour soutenir le déploiement progressif de l’initiative à l’échelle régionale.
Alignée sur le Programme prioritaire de la WAHO relatif aux systèmes d’information sanitaire et à la recherche en santé, cette initiative contribue directement au renforcement d’une gouvernance sanitaire fondée sur les preuves dans l’espace CEDEAO.
Avec ce projet, la région ouest-africaine confirme sa volonté d’entrer résolument dans l’ère de la santé numérique.







