
Le Togo a franchi une nouvelle étape dans la modernisation de son système sanitaire avec le lancement officiel de la réforme nationale visant à harmoniser le code vestimentaire du personnel de santé. La cérémonie s’est déroulée au Centre Hospitalier Universitaire Sylvanus Olympio, en présence des autorités sanitaires, des partenaires techniques et de nombreux professionnels du secteur.
Placée sous la présidence du ministre de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, Jean-Marie Tessi, la cérémonie marque l’entrée en vigueur d’un code vestimentaire national fondé sur un système de couleurs permettant d’identifier clairement les différentes catégories professionnelles dans les formations sanitaires publiques.
Une réforme au-delà de l’esthétique
Pour le ministre délégué à la Santé, Tchin Darré, cette initiative dépasse la simple dotation en tenues professionnelles. Elle s’inscrit dans une démarche structurante visant à renforcer l’organisation des services, améliorer la lisibilité du système de soins et rehausser durablement la qualité des prestations offertes aux populations.
Selon lui, les constats de terrain ont révélé que de nombreux patients, souvent en situation de vulnérabilité ou d’urgence, éprouvent des difficultés à identifier clairement les professionnels habilités à les prendre en charge. L’absence de distinction visuelle nette entre les catégories de personnel pouvait entraîner des confusions, retarder l’orientation et impacter négativement l’expérience des usagers.
La réforme poursuit ainsi trois objectifs majeurs à savoir, harmoniser le code vestimentaire sur toute l’étendue du territoire, faciliter l’identification rapide des soignants par les patients et encadrer davantage les pratiques professionnelles, notamment à travers la mise en place d’une ligne verte dédiée aux plaintes et signalements.
Une vision présidentielle affirmée
Cette initiative s’inscrit dans la dynamique impulsée par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, dont la vision est de bâtir un système de santé performant, inclusif et accessible à tous. Elle complète les réformes déjà engagées, notamment la mise en œuvre de l’Assurance maladie universelle, la construction d’infrastructures modernes comme les hôpitaux mère-enfant, la modernisation des CHU Campus et Kara, ainsi que le renforcement du plateau technique des centres de santé grâce à des investissements estimés à plus de vingt milliards de francs CFA.
Autre particularité de cette réforme, le choix de produire localement les tenues professionnelles, une décision qui vise à soutenir les capacités industrielles nationales et à valoriser le savoir-faire togolais.
Un engagement des acteurs du secteur
Le Directeur général de BENART Afrique, Dominique ZOTOGLO, a salué une réforme « structurante », symbole d’exigence professionnelle et d’uniformisation normative.
Il a assuré que toutes les dispositions seront prises pour garantir une application rigoureuse et pédagogique des nouvelles normes.
De son côté, Dr Gilbert TSOLÉNYANU, Secrétaire général du SYNPHOT, a qualifié cette journée de « grand bond pour la santé au Togo ». Pour lui, la blouse blanche demeure un symbole universel de confiance et d’autorité, non pas sur le malade, mais sur la maladie.
En consolidant l’organisation et l’image des formations sanitaires, le Togo entend ainsi renforcer la confiance entre soignants et usagers, tout en affirmant sa volonté de bâtir un système de santé plus résilient, plus sûr et résolument centré sur le patient.







