
La 4e édition du Concours Reine des Sciences et Technologies a connu son apothéose, mardi 17 février 2026, au siège de l’Assemblée nationale du Togo. Une cérémonie solennelle qui a mis à l’honneur l’intelligence, la détermination et l’audace des jeunes filles togolaises engagées dans les filières scientifiques et technologiques.
À l’issue d’un processus rigoureux conduit par un jury indépendant en présence d’un huissier de justice, Blessing Gamba Dalouba a été sacrée Reine de cette édition.
Au total, 15 lauréates ont été distinguées. Une enveloppe globale de 16 millions de FCFA a été mobilisée pour récompenser ces jeunes talents : 5 millions pour la Reine, 3 millions pour la première duchesse, 2 millions pour la deuxième duchesse et 500 000 FCFA pour chacune des 12 autres lauréates.
Organisé par la Fondation Asaal avec l’appui du ministre de l’Éducation nationale et de l’Assemblée nationale, l’événement a enregistré la présence de plusieurs personnalités de premier plan, dont Professeur Komi Selom Klassou, Président de l’Assemblée nationale, Hadja Ibrahima Mémounatou, Présidente du Parlement de la CEDEAO, le ministre de l’Éducation nationale Mama Omorou et Abira Bonfoh, présidente de la Fondation Asaal.
Cette édition a enregistré 308 candidatures, preuve de l’intérêt croissant des jeunes Togolaises pour les sciences.
Pour Abira Bonfoh, au-delà de la récompense des performances académiques, le concours ambitionne de bâtir une communauté scientifique féminine consciente, engagée et capable de contribuer à la souveraineté intellectuelle et technologique de l’Afrique.
« L’avenir scientifique de nos nations ne peut se construire sans les femmes », a-t-elle affirmé, plaidant pour une pensée critique endogène et une recherche tournée vers l’autosuffisance.
De son côté, le ministre de l’Éducation nationale a rappelé les défis persistants. À l’échelle mondiale, les femmes ne représentent que 35 % des étudiants en filières STEM et 29 % des chercheurs. Au Togo, les formations scientifiques et techniques regroupent seulement 22 % des étudiants. Plus préoccupant encore, la proportion des filles demeure faible dans plusieurs établissements stratégiques : 14,3 % au Centre d’excellence régional sur les sciences aviaires (CERSA), 15,4 % à l’École polytechnique de Lomé et 7,5 % à l’École des assistants médicaux.
Prenant la parole, le Président de l’Assemblée nationale a mis en lumière les réformes engagées en faveur de l’éducation, notamment la gratuité de l’enseignement préscolaire et primaire public depuis 2008.
Il a également rappelé les avancées législatives récentes, dont la loi constitutionnelle du 6 mai 2024 consacrant le droit à l’éducation pour tous et rendant l’école obligatoire jusqu’à 15 ans, ainsi que la loi de décembre 2022 relative à la protection des apprenants contre les violences à caractère sexuel.
Dans un contexte mondial marqué par l’essor du numérique, de la robotique et de l’intelligence artificielle, le message est clair : aucune nation ne peut se permettre de laisser une partie de sa jeunesse en marge. La remise des prix du concours Reine des Sciences et Technologies illustre ainsi la volonté des autorités togolaises de faire des jeunes filles des actrices majeures de la transformation économique et scientifique du pays.
La nomination de la cohorte 2026, composée de Awa Nana-Daboya, Hadja Mémounatou Ibrahima et Olatokounbo Ige, a symbolisé la continuité de cet engagement en faveur du leadership féminin.
En ouvrant ses portes à cette initiative, l’Assemblée nationale réaffirme son rôle d’institution proche des citoyens et engagée pour l’éducation, l’innovation et l’égalité des chances. Plus qu’une compétition, le concours Reine des Sciences et Technologies s’impose désormais comme un véritable levier de transformation sociale, au service d’un Togo plus inclusif et résolument tourné vers l’avenir scientifique.







