La Ligue des Consommateurs du Togo (LCT) a exprimé, dans une déclaration rendue publique le 13 janvier 2026 à Lomé, sa vive inquiétude face à la décision d’Orabank Togo de fermer plusieurs agences de proximité à compter du 28 février 2026. Sont concernées les agences de Mango, d’Assahoun, de Kégué et du Boulevard des Armées.
Pour la LCT, cette fermeture marque un désengagement préoccupant de la banque vis-à-vis de ses clients, en particulier ceux vivant hors des grands centres urbains. Orabank oriente désormais ses usagers vers des points partenaires dénommés « KEAZ SPOT », une alternative jugée inadaptée par l’organisation de défense des consommateurs.
Dans des localités comme Mango et Assahoun, une large partie de la population n’est pas familiarisée avec les outils numériques et les plateformes technologiques. Les clients d’Orabank dans ces zones sont majoritairement des fonctionnaires qui éprouvent déjà des difficultés à accéder aux agences bancaires. La situation est d’autant plus critique pour ceux exerçant le long de la RN5, contraints de se rendre jusqu’à Kpalimé pour effectuer des opérations bancaires de base.
La LCT dénonce également le fait que les clients d’Assahoun soient orientés vers des points KEAZ situés à Kpalimé, un déplacement jugé inacceptable pour des opérations aussi courantes que les dépôts et les retraits. Cette situation est aggravée, selon l’organisation, par les nombreuses plaintes liées au dysfonctionnement de la plateforme KEAZ et aux pannes récurrentes des guichets automatiques bancaires (GAB).
« Un guichet automatique ou un agent partenaire ne peut remplacer l’expertise d’un conseiller bancaire, surtout pour les opérations complexes », souligne la LCT, qui estime que ces fermetures renforcent le sentiment d’abandon chez les usagers ruraux.
Tout en reconnaissant la nécessité de moderniser les services bancaires, la Ligue des Consommateurs du Togo insiste sur le fait que cette transition ne doit pas se faire au détriment de l’inclusion financière des populations les plus vulnérables, au moment où les autorités publiques s’efforcent d’améliorer le taux de bancarisation dans le pays.
En conséquence, la LCT appelle le gouvernement togolais à veiller à ce que la transition numérique des banques ne devienne pas un facteur d’exclusion pour les populations vivant en dehors des centres urbains. Elle réaffirme enfin sa détermination à rester mobilisée pour la défense des droits et des intérêts des consommateurs sur l’ensemble du territoire national.







