Longtemps demeurées incognito, les altercations entre Gavlo Gaméli, président par intérim de la Croix rouge togolaise (CRT) et les jeunes volontaires Laté Mawulé Lawson, Julien Kodjo, Dodji Adzina, Paul Kpodar et Daniel Kossi Afantchao, n’ont fait surface qu’à la mort de ce dernier.
En effet, le 18 mars 2020, Daniel Kossi Afantchao, volontaire à la Croix rouge togolaise a rendu l’âme dans des circonstances à élucider. Sa famille, se rendant compte que ses camarades ne se sont pas mobilisés pour les obsèques, comme on pourrait s’y attendre, s’en est interrogée. L’étonnement et la curiosité qui en ont découlé sont à un point où il fallait en savoir davantage.
C’est ainsi que la presse, sollicitée, a fait son entrée dans l’arène. Entre temps, des témoignages ont fait état d’une certaine menace vis-à-vis de ces jeunes lors d’un entretien le 10 septembre 2019 avec le président par intérim de la CRT.
L’atmosphère était électrique du fait qu’ils ont eu à exprimer leur point de vue sans langue de bois. Ils ont dénoncé le népotisme et la corruption qui caractérisaient la boîte. D’après certaines sources, ces maux étaient monnaie courante que subit le personnel sans que personne sans émeuve.
Le climat de terreur entretenue avait réduit plus d’un au silence. Pour cette raison, le courage de ces jeunes est perçu comme un acte de rébellion et de défiance vis-à-vis de l’autorité du président du CRT. Celui-ci aurait laissé entendre que cette témérité ne restera pas impunie.
D’après ces volontaires, cette rencontre avec le président aurait été soigneusement organisée et planifiée. Constitué en délégation conduite par Laté Mawulé Lawson qui joue le rôle de porte-parole, le groupe n’a pas lésiné sur les points inscrits dans son agenda pour l’entretien: des attitudes qui font l’objet de mécontentement et de frustration au sein du personnel ont été à l’ordre du jour.
En tout cas, tout aurait été évoqué, ainsi que l’absence de l’orthodoxie la plus élémentaire qui devrait régenter un service. S’en sont suivies des menaces de la part de leur interlocuteur. Proche du pouvoir, celui-ci a laissé entendre qu’il passera par tous les moyens pour faire la peau à ces jeunes. Il a alors trouvé la formule politique en signalant leurs participations aux manifestations de l’opposition.
Effectivement, ces jeunes volontaires, très actifs dans leurs quartiers pour des activités politiques, ont commencé par rencontrer des difficultés dans leurs déplacements quotidiens.
C’est ainsi que, quelques jours après l’entretien électrique au bureau du président de la CRT, le 15 septembre précisément, sieur Dodji Adjina, sorti de la maison pour vaquer à ses occupations habituelles, n’a plus fait signe de vie.
Après 24 heures sans nouvelle, sa famille, inquiète, s’est lancée à sa recherche jusqu’à ce jour. Comme cela ne suffisait pas, deux semaines plus tard, le 30 septembre 2019, un autre scandale s’est produit. Laté Mawulé Lawson, sur le chemin de retour à la maison, fut appréhendé par des individus que d’aucuns identifieraient comme des agents en civil. Heureusement qu’il a réussi à prendre la poudre d’escampette pour l’exil. Et c’est après le décès de Daniel Kossi Afantchao que tout ce feuilleton est dévoilé, et la presse s’en est saisie.
Vivement que des mesures idoines soient prises pour clarifier les incidents et que justice soit faite.







