Après deux années de baisse, la production togolaise de mangues repart légèrement à la hausse. En 2025, elle a atteint 35 569 tonnes, tandis que les exportations progressent, notamment grâce à la transformation.

La filière mangue togolaise retrouve un peu d’élan. Après avoir reculé de 40 300 tonnes en 2023 à 34 450 tonnes en 2024, la production s’est redressée en 2025 pour atteindre 35 569 tonnes, selon les données du Conseil interprofessionnel de la filière mangue (CIF-Mangue).

Cette reprise reste toutefois modérée. La région Centrale conserve sa position de premier bassin de production avec environ 17 300 tonnes, devant la région Maritime, qui totalise près de 9 900 tonnes, et les Plateaux avec environ 5 800 tonnes.

Une valeur en forte progression

Si les volumes commercialisés évoluent peu, leur valeur théorique progresse nettement. Après environ 34 100 tonnes commercialisées en 2023 et 32 800 tonnes en 2024, les volumes ont atteint quelque 32 500 tonnes en 2025.

La hausse du prix moyen au kilogramme permet néanmoins à la valeur théorique de ces volumes de grimper à environ 8,1 milliards FCFA en 2025, contre 6,6 milliards en 2024 et 5,8 milliards en 2023.

Cette estimation, calculée à partir des volumes commercialisés et des prix moyens communiqués par l’interprofession, ne constitue toutefois pas un chiffre d’affaires consolidé de l’ensemble de la filière.

Les exportations gagnent du terrain

Autre signal notable, l’ouverture croissante de la filière aux marchés extérieurs. En 2025, le Togo a exporté environ 4 925 tonnes de mangues, dont 2 360 tonnes de produits frais et 2 565 tonnes transformées, notamment sous forme de mangues séchées, de jus et de confitures.

Les marchés de la sous-région demeurent les principaux débouchés. Le Bénin, le Ghana et le Burkina Faso ont absorbé ensemble environ 2 190 tonnes en 2025. L’Europe a reçu près de 1 340 tonnes, tandis que le Moyen-Orient en a importé environ 1 400 tonnes.

Cette répartition traduit à la fois le poids historique des marchés voisins et l’élargissement progressif de la présence togolaise sur des destinations plus éloignées.

En 2023 déjà, les exportations vers les pays de la sous-région représentaient près de 1 800 tonnes, contre environ 1 100 tonnes vers l’Europe et 360 tonnes vers le Moyen-Orient.

LE MARCHÉ INTÉRIEUR RESTE DOMINANT

Malgré cette progression des exportations, l’essentiel des volumes commercialisés reste orienté vers les circuits non exportateurs.

Sur les quelque 32 531 tonnes commercialisées en 2025, environ 4 925 tonnes ont été exportées. Près de 27 600 tonnes, soit environ 85 %, n’étaient donc pas destinées aux marchés extérieurs.

Cette proportion donne une indication du poids du marché intérieur, sans pour autant signifier que tous ces volumes ont été consommés au Togo. Une partie peut alimenter d’autres circuits commerciaux ou usages.

La transformation comme nouveau levier

Dans cette configuration, la transformation apparaît comme l’un des principaux leviers de valorisation de la mangue togolaise. Les volumes de produits transformés destinés à l’exportation sont passés d’environ 1 540 tonnes en 2023 à plus de 2 500 tonnes en 2025.

Cette évolution témoigne d’un changement progressif dans la structure des débouchés : au-delà de la mangue fraîche, les produits transformés permettent d’allonger la durée de conservation, de diversifier l’offre et de viser des marchés internationaux plus exigeants.

Pour soutenir cette dynamique, le gouvernement avait prévu en 2023 un plan d’investissement de 1,715 milliard FCFA sur la période 2024-2028. Le dispositif porte notamment sur la production, l’amélioration de la qualité et la transformation.

Parallèlement, un travail d’actualisation des bases de données de la filière a été engagé afin de mieux recenser les acteurs et de faciliter leur accès aux marchés.

cap sur l’international

Pour le CIF-Mangue, l’enjeu est désormais d’élargir les débouchés internationaux, avec une attention particulière portée au marché européen.

La filière devra ainsi relever un double défi, mieux valoriser une production qui retrouve progressivement son niveau et renforcer la transformation locale, tout en améliorant sa capacité à répondre aux normes et exigences des marchés extérieurs.

Avec une production de 35 569 tonnes en 2025 et des exportations proches de 5 000 tonnes, la mangue togolaise dispose encore d’une marge importante pour accroître sa présence sur les marchés régionaux et internationaux.

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