De 2023 à 2026, le système éducatif togolais connaît une série d’investissements destinés à renforcer l’accès à l’éducation, les capacités d’accueil, les effectifs enseignants et la qualité des apprentissages. À l’occasion de la rentrée scolaire 2026-2027, le Gouvernement met en avant des chiffres qui illustrent l’ampleur des efforts engagés.
La modernisation de l’école togolaise figure parmi les priorités des pouvoirs publics. L’objectif affiché est de construire un système éducatif plus inclusif et performant, capable de répondre aux transformations de la société, aux exigences d’un monde en évolution et aux besoins futurs du pays.
La politique éducative nationale repose ainsi sur sept axes stratégiques : l’équité d’accès à l’éducation et à la formation, la qualité et l’excellence, l’adéquation de la formation et de la recherche avec les priorités nationales, l’innovation et la recherche pédagogique et scientifique, la digitalisation du système éducatif, le développement des compétences transversales et citoyennes, ainsi que la concertation et la gouvernance participative.
À ces orientations s’ajoutent plusieurs mesures sociales. L’assurance School AMU assure une couverture santé gratuite aux élèves. La gratuité des frais de scolarité et d’examens est également maintenue au préscolaire, au primaire et au secondaire dans les établissements publics. Le programme national de cantines scolaires complète ce dispositif en offrant des repas chauds gratuits aux élèves des écoles primaires publiques situées dans les zones les plus vulnérables, avec pour objectifs de lutter contre la malnutrition et de réduire l’abandon scolaire.
898 nouveaux établissements en trois ans
L’extension de la carte scolaire constitue l’un des principaux volets des investissements réalisés ces dernières années.
Sur les trois dernières années, 898 établissements scolaires ont été créés. Ils se répartissent entre 471 établissements en 2024-2025, 184 en 2025-2026 et 243 prévus pour 2026-2027.
Après le ralentissement observé en 2025-2026, le rythme repart donc à la hausse. L’année 2026-2027 compte 59 établissements supplémentaires par rapport à l’année précédente.
Cette politique vise à rapprocher l’offre éducative des populations, réduire les disparités territoriales et répondre à l’augmentation continue des besoins en matière d’éducation.
3 918 salles de classe construites ou prévues
L’effort concerne également les infrastructures. Entre 2023 et 2026, le nombre cumulé de salles de classe construites ou prévues atteint 3 918, contre 1 312 en 2023.
Dans le détail, les données font état de 1 312 salles en 2023, 1 185 en 2024, 1 340 en 2025 et 81 prévues en 2026. Au total, 2 606 salles supplémentaires viennent ainsi s’ajouter au volume enregistré en 2023.
Ces investissements doivent contribuer à accroître progressivement les capacités d’accueil des établissements et à offrir aux élèves un environnement plus favorable aux apprentissages.
45 233 enseignants en 2026
Le renforcement des ressources humaines constitue un autre axe majeur de la transformation.
Entre 2024 et 2026, l’effectif global des enseignants est passé de 36 914 à 45 233, soit 8 319 enseignants supplémentaires et une progression de 22,54 %.
Le préscolaire enregistre la progression la plus marquée : le nombre d’enseignants passe de 3 826 à 5 365, soit une hausse de 40,22 %.
Le lycée connaît également une progression importante, avec 29,86 %, tandis que l’enseignement technique progresse de 25,59 %.
Pour la rentrée 2026-2027, cette dynamique doit se poursuivre avec le recrutement de 3 440 nouveaux enseignants fonctionnaires, dont 304 enseignants de mathématiques, de physique-chimie et de technologie. À cet effectif s’ajoutent 101 Fab managers, chargés notamment d’accompagner le fonctionnement des FabLabs éducatifs.
Des taux de réussite en hausse, mais des contrastes
Les résultats aux examens nationaux constituent également un indicateur de l’évolution du système éducatif.
Entre 2024 et 2026, le taux de réussite au BEPC est passé de 44,09 % à 57,35 %, soit une progression de 13,26 points.
La hausse est encore plus importante au BAC 2 général, dont le taux de réussite passe de 44,61 % à 82,17 %, soit 37,56 points supplémentaires.
Le BAC 2 technique progresse également, passant de 58,06 % à 81,66 %. Le taux de réussite au Brevet de Technicien (BT) passe de 61,34 % à 78,14 %, tandis que celui du Certificat d’Aptitude Professionnelle (CAP) évolue de 86,29 % à 93,82 %.
Tous les examens ne suivent toutefois pas la même trajectoire. Le BAC 1 technique recule de 60,71 % en 2024 à 53,76 % en 2026. Le BEP connaît également une baisse, passant de 98,89 % à 90,03 % sur la même période.
Des compétences davantage tournées vers l’avenir
La transformation ne se limite pas aux infrastructures et aux effectifs. Le Gouvernement mise également sur l’évolution des contenus et des méthodes d’apprentissage.
L’introduction progressive des classes de métiers, le développement de l’enseignement scientifique, le déploiement des FabLabs éducatifs et la généralisation progressive de l’anglais au primaire traduisent la volonté de rapprocher davantage l’école des réalités professionnelles et des besoins de l’économie.
La mise en place de la Direction des enseignements privés doit, de son côté, renforcer la gouvernance et le suivi des établissements privés.
À travers ces différentes mesures, les pouvoirs publics entendent agir simultanément sur plusieurs dimensions : l’accès à l’éducation, les infrastructures, les ressources humaines, la qualité des apprentissages, l’innovation et la protection sociale des élèves.
Consolider les acquis
Entre 2023 et 2026, les chiffres mettent en évidence une montée en puissance des investissements dans le système éducatif togolais : 898 établissements créés, 3 918 salles de classe construites ou prévues et 45 233 enseignants recensés en 2026.
À l’ouverture de l’année scolaire 2026-2027, le défi consiste désormais à consolider ces acquis. Au-delà de l’augmentation des capacités d’accueil et des effectifs, l’enjeu sera de maintenir l’amélioration des performances, de renforcer les domaines où les résultats restent contrastés et de poursuivre l’adaptation de l’école aux compétences nécessaires à la jeunesse et au développement futur du Togo.









