La Direction générale du Budget et des Finances (DGBF) franchit une nouvelle étape dans l’intégration des enjeux climatiques aux finances publiques. Elle a lancé, lundi 10 août 2026 au Palais des Congrès de Lomé, l’atelier national consacré à l’élaboration du premier « Document Budget Vert 2027 ». Les travaux, prévus jusqu’au 21 août, doivent aboutir à un document qui intégrera le projet de loi de finances pour l’exercice 2027.
Organisé dans le cadre du Projet de Modernisation de l’Administration Publique pour la Délivrance des Services (PMADS), avec l’appui de la Banque mondiale, l’atelier réunit environ 160 participants issus du ministère des Finances, de la Planification, de l’Environnement, des ministères sectoriels et des institutions publiques. Les travaux bénéficient également de l’appui technique du conseiller résident du Fonds monétaire international (FMI), Ephrem Ghonda.
L’ambition de cette démarche est de dépasser la seule lecture financière des dépenses publiques. Il s’agit désormais d’analyser et de catégoriser les activités, actions et projets inscrits dans les budgets des ministères selon leur contribution à la lutte contre les changements climatiques et à la protection de l’environnement.
Concrètement, les participants devront procéder au marquage climatique et environnemental des activités budgétaires, consolider les données nécessaires à la préparation du Budget Vert 2027 et identifier, pour chaque ministère, les priorités climatiques pertinentes.
Les travaux devront également permettre de définir des indicateurs de performance liés au climat et à l’environnement, avant l’élaboration d’un premier projet de Budget Vert 2027. Celui-ci s’appuiera notamment sur les documents de programmation budgétaire, en particulier le Document de programmation pluriannuelle des dépenses (DPPD) et les Projets annuels de performance (PAP) préliminaires.
Cette réforme intervient dans un contexte où les effets du changement climatique pèsent de plus en plus sur l’économie et les finances publiques. Inondations, épisodes de sécheresse et érosion côtière constituent autant de risques susceptibles de perturber les activités économiques, d’affecter les recettes publiques et d’accroître les dépenses de l’État.
Ces chocs climatiques, souvent difficiles à anticiper, peuvent ainsi fragiliser la planification budgétaire et compliquer la préservation des équilibres macroéconomiques. L’intégration systématique de la dimension climatique dans la programmation des dépenses apparaît dès lors comme un outil permettant de mieux anticiper ces risques et d’orienter les ressources publiques vers des investissements plus résilients.
M. SOVI a appelé les participants à faire preuve d’assiduité et surtout à s’approprier durablement le processus. L’objectif est que les administrations sectorielles puissent, à terme, conduire elles-mêmes cet exercice, avec l’appui technique du ministère chargé des Finances.
Les travaux sont coordonnés par la DGBF et conduits sur le terrain par Mme KOUHOUE S. Akouvi Valérie, responsable du « noyau Budget Vert ».
Cette volonté d’appropriation nationale constitue un enjeu majeur. Car au-delà de l’élaboration d’un document pour 2027, le Budget Vert vise à installer progressivement une nouvelle culture de la dépense publique, dans laquelle les considérations climatiques et environnementales sont prises en compte dès la conception et la programmation des politiques publiques.
L’ambition affichée est claire : faire du Budget Vert 2027 une composante du projet de loi de finances. À terme, chaque dépense publique devra pouvoir être appréciée non seulement à travers son montant en francs CFA, mais également au regard de son impact sur le climat et l’environnement.
Les résultats attendus pourraient ainsi être mesurés à travers des indicateurs tels que les hectares protégés ou restaurés, les émissions de gaz à effet de serre évitées, la résilience des infrastructures ou encore la capacité des territoires et des secteurs économiques à faire face aux chocs climatiques.
Le véritable défi sera désormais de transformer le marquage budgétaire en décisions concrètes : mieux orienter les ressources, renforcer la résilience et faire du climat un critère durable de la décision publique.
Avec le Budget Vert 2027, le Togo amorce ainsi un changement de paradigme, demain, la valeur d’une dépense publique ne se mesurera plus seulement au nombre de francs CFA mobilisés, mais aussi à sa capacité à préparer le pays aux défis climatiques.









