La deuxième édition du Salon International de l’Entrepreneuriat Féminin (SIEF) a officiellement démarré vendredi 31 juillet 2026 à Lomé par un colloque scientifique consacré au thème « Les nouvelles figures du risque en Afrique ». Chercheurs, entrepreneures, investisseurs et décideurs ont croisé leurs analyses autour des défis émergents auxquels font face les femmes entrepreneures sur le continent.

Organisé par la Fondation Citoyens d’Afrique, en partenariat avec YAS Togo, le colloque a été ouvert par le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Prof. Gado Tchangbedji, en présence de plusieurs personnalités, notamment Binta Saneh, représentante résidente du PNUD au Togo, Emily Gray, représentante résidente de la CEDEAO au Togo, Nabou Fall, vice-présidente du Salon, Dr Kayi Dogbé, présidente de la Fondation Citoyens d’Afrique, ainsi que Prof. Kossivi Hounaké, président de l’Université de Lomé.

Dr Kayi Dogbé a souligné que ce colloque ambitionne d’enrichir la recherche scientifique en explorant des problématiques inédites liées aux risques contemporains. Selon elle, la publication des actes contribuera à renforcer les bibliothèques universitaires et à alimenter les travaux de recherche à l’échelle internationale.

« Le risque, tout comme le genre, est transversal. Face aux mutations technologiques, industrielles et environnementales, de nouvelles formes de menaces émergent. Il était essentiel de consacrer une réflexion scientifique à ces nouvelles réalités », a-t-elle expliqué.

Pour Nabou Fall, les expériences entrepreneuriales démontrent l’importance d’une meilleure anticipation des risques. Elle a évoqué les difficultés liées au financement, à l’inclusion financière, aux effets du changement climatique, à l’intelligence artificielle ainsi qu’aux contraintes fiscales, humaines et au crédit.

« Modéliser ces nouvelles figures du risque permettra aux femmes entrepreneures de mieux anticiper les obstacles et de renforcer leur capacité de résilience », a-t-elle indiqué.

De son côté, Prof. Gado Tchangbedji a invité les chercheurs à privilégier une approche interdisciplinaire afin de mieux comprendre les défis actuels.

« Les nouvelles figures du risque ne peuvent être appréhendées sous un seul angle. Elles nécessitent un dialogue permanent entre le droit, les sciences politiques, l’économie, la sociologie, la géographie, les sciences de l’environnement, la santé publique, l’informatique et l’intelligence artificielle. Cette interdisciplinarité est aujourd’hui une condition essentielle pour produire une recherche utile à la société », a-t-il affirmé.

Les échanges ont notamment porté sur l’intelligence artificielle et ses risques cognitifs, les changements climatiques, ainsi que les enjeux du financement et de l’investissement.

Le programme du deuxième jour prévoit les activités de l’Académie panafricaine de l’entrepreneur ainsi que trois ateliers de formation destinés aux femmes entrepreneures. Animées par des expertes venues de plusieurs pays africains, ces sessions porteront sur l’intelligence artificielle, la garantie des risques et la gestion du temps.

La journée s’achèvera par la cérémonie officielle de remise des distinctions. Le Grand Prix Africain YAS de l’Entrepreneuriat Féminin, doté de 5 millions de FCFA, sera décerné, aux côtés du Prix de l’Excellence féminine de la Fondation Nana Anè XV, du Prix de l’Entrepreneur social, du Prix de l’Audace féminine, soutenu par la CEDEAO, ainsi que de plusieurs hommages à des personnalités ayant marqué leur engagement en faveur de l’entrepreneuriat féminin en Afrique.

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